
Un nouveau rapport du think tank libéral Avenir-Suisse, publié le 10 avril, estime qu’entre 2000 et 2025, près d’un million d’étrangers résidant en Suisse ont acquis la citoyenneté suisse, soit plus d’un dixième de la population actuelle. L’analyse, relayée par The Local, souligne que sans ce flux constant de naturalisations, la part d’étrangers dans la population serait proche de 40 % au lieu des 27 % actuels. Ces conclusions interviennent dans un contexte de campagne très tendue autour du référendum du 14 juin sur l’initiative du Parti populaire suisse « Non à une Suisse à 10 millions d’habitants », qui vise à plafonner la croissance démographique. Les partisans affirment que l’immigration élevée surcharge les infrastructures, tandis que les opposants mettent en garde contre un plafond strict qui freinerait la croissance économique et violerait les accords européens sur la libre circulation. Avenir-Suisse souligne que la naturalisation brouille la distinction statistique entre « Suisses » et « étrangers », masquant l’ampleur réelle de l’immigration tout en témoignant du succès de l’intégration. Environ 40 000 personnes sont naturalisées chaque année, ce qui ne représente que 2 à 3 % des étrangers éligibles, un taux bien inférieur à celui du Canada ou des États-Unis. Pour les responsables de la mobilité internationale, l’augmentation des naturalisations facilite la conformité administrative: les employés passant d’une nationalité européenne ou tierce à la citoyenneté suisse n’ont plus besoin de renouveler leur permis de travail, allégeant ainsi les démarches. Cependant, les offices cantonaux d’intégration préviennent que les délais pour les tests de langue pourraient s’allonger si davantage de résidents déposent leur demande avant d’éventuelles modifications législatives. Le rapport conclut que l’avenir démographique de la Suisse dépend moins des flux migratoires que du nombre de résidents de longue durée qui deviennent pleinement citoyens, une nuance qui pourrait influencer le débat référendaire dans les semaines à venir.
Source : The Local Switzerland