
Tard dans la soirée du samedi 25 avril, les autorités kurdes ont confirmé la libération de quatre femmes australiennes et de neuf de leurs enfants du camp d’al-Roj, dans le nord-est de la Syrie, qui se dirigent actuellement par la route vers Damas. Ce groupe – composé de proches de combattants de l’État islamique décédés ou emprisonnés – possède des documents de voyage australiens valides, mais ne bénéficie d’aucune assistance officielle de Canberra. Cette avancée fait suite à une tentative avortée en février, lorsque l’ensemble du groupe australien avait été refoulé deux heures après le début du trajet. Cette fois, les responsables du camp ont déclaré aux journalistes que « la coordination était parfaite » entre les forces kurdes et le gouvernement syrien. Des sources à Damas indiquent que des permis de sortie ont été accordés et que des places ont été réservées sur des vols commerciaux prévus dans les 72 heures, bien que cela n’ait pas été confirmé de manière indépendante. Les gouvernements australiens successifs ont fait face à une vive opposition politique en raison des coûts et des risques sécuritaires perçus liés au rapatriement des familles liées à l’EI. Si huit orphelins ont été rapatriés en 2019, suivis de 17 femmes et enfants en 2022, toutes les autres initiatives ont été bloquées par crainte d’un mécontentement électoral dans les circonscriptions sensibles. Le vice-Premier ministre Richard Marles a réaffirmé ce week-end que « ce gouvernement ne participe pas » à la dernière évacuation. Si ce groupe parvient sur le sol australien, il devra faire face à de nombreux obstacles juridiques: ordonnances d’exclusion temporaire, mesures de contrôle ou poursuites pour entrée dans une zone terroriste déclarée. Les services de protection de l’enfance évalueront également les mineurs pour détecter traumatismes et risques de radicalisation avant de les intégrer dans des programmes d’accompagnement régionaux. Pour les professionnels de la mobilité, cet épisode illustre les nouvelles complexités des cas de réunification familiale et de transferts humanitaires. Même les citoyens australiens peuvent se retrouver bloqués longtemps dans des zones de transit de pays tiers pendant les vérifications de sécurité. Les employeurs ayant du personnel dans des zones de conflit doivent s’assurer que leurs politiques d’évacuation d’urgence couvrent non seulement les employés, mais aussi leurs ayants droit, dont l’éligibilité au voyage peut être remise en question en cours de route.
Source : The Guardian
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