
Avec l'apaisement des tensions diplomatiques, le ministre du Commerce et de l'Industrie, Piyush Goyal, se rendra à Ottawa et Toronto du 25 au 27 mai, accompagné d'une délégation de 150 dirigeants industriels indiens. Selon Reuters, cette mission tentera de relancer les négociations sur un Accord global de partenariat économique (CEPA) qui avaient été suspendues l'an dernier suite à un différend diplomatique. D'après des sources gouvernementales, l'Inde plaidera pour un « Chapitre Mobilité » dédié, permettant aux professionnels indiens d'obtenir plus facilement des permis de travail dans les secteurs clés de l'extraction de minéraux critiques, de la fabrication de technologies propres et de la transformation agroalimentaire — des domaines qu'Ottawa souhaite développer. De son côté, le Canada réclame une réduction des droits de douane sur les légumineuses et un cadre renforcé pour la protection des investissements des fonds de pension. Les entités canadiennes ont déjà investi environ 100 milliards de dollars américains en Inde, et quelque 600 entreprises canadiennes y sont implantées. Les groupes industriels estiment que pour atteindre l'objectif de 1 000 entreprises fixé par Goyal, il faudra des voies d'obtention de visas prévisibles des deux côtés. La délégation comprend des géants de l'informatique, des exportateurs textiles et des fournisseurs de technologies éducatives, qui dépendent des transferts intra-entreprise et des visas de courte durée pour visiteurs d'affaires. Les avocats spécialisés en immigration soulignent que la Stratégie mondiale des compétences du Canada peut approuver les permis de travail pour les transferts intra-entreprise exemptés d’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) en deux semaines, mais que le traitement des demandes pour les ressortissants indiens a récemment glissé à cinq semaines. Les parties prenantes espèrent que cette visite aboutira à un projet pilote bilatéral de « employeur de confiance » pour rétablir un délai de traitement de deux semaines et créer une procédure accélérée réciproque pour les Canadiens affectés aux pôles fintech et énergies renouvelables en Inde. Si un cadre CEPA est convenu cet été, les entreprises pourraient voir des concessions tarifaires et des améliorations en matière de mobilité entrer en vigueur dès l’exercice 2027. En cas d’échec, préviennent les analystes, les entreprises devront jongler avec des régimes de conformité superposés, alors même que les chaînes d’approvisionnement s’orientent vers le friend-shoring.
Source : Reuters via MarketScreener