
Le Conseil fédéral a donné son feu vert définitif à un projet national visant à transférer toutes les étapes de la procédure ordinaire de naturalisation vers le Système central d’information sur la migration (ZEMIS). Dès le 1er août 2026, les services cantonaux de naturalisation pourront déposer, suivre et recevoir les décisions fédérales via une interface en ligne sécurisée, remplaçant ainsi l’envoi de documents par courrier postal. Une phase pilote se déroulera pendant six mois dans quatre cantons avant que les 22 autres ne soient connectés. La dématérialisation du processus vise à réduire les délais de traitement pour les candidats et à alléger la charge administrative des collaborateurs cantonaux et fédéraux. Actuellement, les dossiers circulent souvent plusieurs fois entre Berne et les capitales cantonales, entraînant des retards de plusieurs semaines. Selon le Secrétariat d’État aux migrations (SEM), la gestion numérique de bout en bout pourrait raccourcir de trois à cinq semaines le délai moyen de 18 mois. La plateforme repose sur ZEMIS, la base de données centrale suisse pour les visas, permis et dossiers d’asile. De nouveaux champs ont été ajoutés pour intégrer les documents d’état civil, les certificats de langue et les preuves d’intégration. Les candidats devront toujours présenter les documents originaux localement, mais les cantons pourront scanner et télécharger des copies certifiées conformes, permettant aux agents du SEM de les examiner immédiatement. Pour les entreprises qui parrainent des cadres dans le cadre de naturalisations facilitées, cette évolution offrira une meilleure visibilité sur l’avancement des dossiers et une notification plus rapide des demandes complémentaires. Les avocats spécialisés en immigration anticipent également une réduction des documents perdus ou égarés, un problème fréquent dans l’ancien système. Une fois la phase pilote stabilisée, le SEM prévoit d’étendre des interfaces similaires à d’autres procédures liées au statut de séjour, notamment les demandes de permis C et les renonciations à la nationalité.