
Le ministère brésilien des Affaires étrangères a confirmé samedi soir avoir rejeté les demandes de visa de deux hauts responsables du département d’État américain, qui prévoyaient de se rendre à Brasilia du 27 au 30 juillet. Riley M. Barnes, secrétaire adjoint à la Démocratie, aux Droits de l’homme et au Travail, ainsi que le secrétaire adjoint Samuel Samson, avaient soumis leurs demandes le 20 juillet, mais celles-ci ont été officiellement refusées vendredi soir. Il est très rare que le Brésil refuse des visas diplomatiques à des représentants d’un partenaire proche, ce qui souligne la sensibilité politique entourant l’élection présidentielle du 4 octobre. Selon des sources ayant parlé à Reuters et aux médias brésiliens, le gouvernement Lula a estimé que l’agenda annoncé de la délégation — discussions sur « l’intégrité électorale », la liberté d’expression et la liberté religieuse — risquait d’être perçu dans le pays comme une ingérence étrangère. Le candidat d’opposition, le sénateur Flávio Bolsonaro, a repris les doutes infondés de l’ancien président américain Donald Trump sur les machines de vote électroniques brésiliennes; les conseillers gouvernementaux craignaient que cette visite ne renforce ces discours. Washington a minimisé publiquement ce refus. Un porte-parole du département d’État a déclaré que la mission visait à « échanger les meilleures pratiques pour protéger les processus démocratiques » et a exprimé sa déception tout en affirmant « respecter la décision souveraine du Brésil ». En privé, des diplomates américains ont confié à l’Associated Press qu’une riposte, comme des retards réciproques dans l’octroi de visas aux responsables brésiliens, était peu probable tant que les canaux de communication restaient ouverts. L’ambassade des États-Unis à Brasilia poursuit ses activités habituelles. Pour les multinationales, cet incident rappelle que le cycle électoral peut engendrer des tensions diplomatiques susceptibles d’affecter les procédures de mobilité. Les délégations gouvernementales américaines, les observateurs non gouvernementaux et certains journalistes pourraient désormais faire face à des délais plus longs ou à un contrôle accru lors de leurs demandes de visa brésilien. Les entreprises prévoyant d’envoyer des cadres basés aux États-Unis pour des missions de vérification avant l’élection devraient anticiper ces délais et prévoir des plans de contingence. À long terme, il est peu probable que le Brésil modifie son régime de visas d’affaires généralement libéral, mais cet épisode montre que des considérations politiques peuvent parfois primer sur les pratiques habituelles, même entre pays alliés. Les responsables de la mobilité doivent suivre de près les prochaines directives de l’Itamaraty et être prêts à informer les voyageurs des éventuelles répercussions en termes de réputation ou de sécurité liées à des prises de parole publiques sur l’élection.
Source : Associated Press / Reuters / UOL
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