
Dans un contexte où la question migratoire retrouve une place centrale dans l’agenda politique allemand, le chancelier Olaf Scholz a confirmé, le 8 avril 2026, que les contrôles temporaires à toutes les frontières terrestres resteront en vigueur au moins jusqu’au 15 septembre 2026. Initialement instaurés en septembre 2024, ces contrôles concernent désormais les passages avec l’Autriche, la Pologne, la République tchèque, le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, ainsi que des contrôles ponctuels dans les ports et aéroports. Le gouvernement justifie cette prolongation par les résultats obtenus: environ 47 000 tentatives d’entrées irrégulières ont été empêchées et 1 900 passeurs présumés arrêtés depuis le début des contrôles. La ministre de l’Intérieur, Nancy Faeser, a souligné que les demandes d’asile ont diminué d’un tiers en 2025 et a insisté sur le fait que maintenir la pression sur les réseaux de passeurs est « indispensable » pendant la mise en œuvre progressive du Pacte européen sur la migration et l’asile. Les milieux économiques se montrent prudents. Avant la réintroduction des contrôles, l’Allemagne traitait environ 42 % de tout le fret routier européen aux frontières intérieures Schengen sans arrêter un seul camion. Le Bundesverband Spedition und Logistik (BSL) estime désormais que ces retards coûtent à l’économie 60 millions d’euros par mois en perte de productivité et en heures de conduite gaspillées. Les industriels aux chaînes d’approvisionnement « just-in-sequence », notamment le cluster automobile bavarois, ont augmenté leurs stocks ou détourné leurs flux via des corridors suisses, ce qui compense en partie les coûts mais réduit les gains d’efficacité. Les règles de Schengen autorisent les contrôles internes uniquement en dernier recours et pour des périodes courtes, mais Berlin soutient que l’ampleur des migrations transcontinentales justifie des mesures exceptionnelles. Le Luxembourg et le Danemark ont déposé des plaintes auprès de la Commission européenne, dénonçant un impact disproportionné sur les travailleurs frontaliers. Un recours juridique est probable si l’Allemagne demande une nouvelle prolongation au-delà de septembre, ce qui dépasserait la limite de deux ans fixée par la législation européenne. Pour les équipes mobilité et ressources humaines gérant des expatriés en Allemagne, cette décision implique la poursuite des contrôles de documents dans les autocars, véhicules privés et trains transfrontaliers. Les employés sans carte de séjour valide ou preuve de statut de travailleur détaché peuvent toujours se voir refuser l’entrée. Les entreprises doivent auditer les habitudes de déplacement de leur personnel et s’assurer que toute personne franchissant régulièrement les frontières terrestres dispose à la fois d’un passeport (ou d’une carte d’identité nationale pour les citoyens de l’UE) et d’une copie de son permis de séjour ou de son certificat A1 afin d’éviter tout refus d’entrée.
Source : Berlin Today