
La Cour constitutionnelle italienne (arrêt 120/2026) a statué le 3 juillet que les peines de prison de 20 à 30 ans, introduites en 2023 pour les passeurs dont les actes causent la mort ou des blessures graves à des migrants, ne sont pas inconstitutionnellement disproportionnées. L’affaire est parvenue à la Cour après qu’un juge préliminaire de Syracuse ait remis en question la conformité de ces sanctions, issues du « Decreto Cutro » du gouvernement, avec le principe de proportionnalité. Les juges ont reconnu la « sévérité exceptionnelle » de la peine, mais ont souligné que le législateur peut adopter une mesure dissuasive stricte pour protéger des « biens fondamentaux » tels que la vie et l’intégrité physique. Ils ont insisté sur le fait que la disposition vise uniquement les comportements les plus graves — le transport de migrants dans des conditions mettant leur vie en danger et ayant effectivement entraîné des décès ou des blessures graves — validant ainsi le critère de proportionnalité.
Pour les professionnels de la conformité en matière d’immigration, cette décision consolide le cadre juridique dans lequel opèrent les navires commerciaux, affréteurs et ONG humanitaires en eaux italiennes. Les armateurs doivent revoir les clauses de diligence avec les capitaines sous-traitants et s’assurer que les protocoles de recherche et de sauvetage respectent strictement les directives de l’Organisation maritime internationale, afin d’éviter toute mauvaise interprétation au regard de l’article 12-bis renforcé de la loi sur l’immigration.
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Ce jugement renforce également la position de Rome dans ses négociations à Bruxelles, alors que l’Italie milite pour un partage des responsabilités au sein de l’UE concernant les arrivées en Méditerranée; elle peut désormais s’appuyer sur un soutien constitutionnel pour sa ligne dure. Des critiques, notamment plusieurs ONG juridiques, alertent sur le risque que cette décision pousse les passeurs à emprunter des routes encore plus dangereuses, augmentant les risques pour les migrants. Les entreprises qui déplacent du personnel vers ou via l’Italie doivent garder à l’esprit que l’attention politique portée aux flux irréguliers pourrait entraîner un contrôle renforcé de toutes les catégories de visas, rendant une documentation rigoureuse indispensable pour les demandes de permis de travail.
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