
Le ministère délégué à la Migration et à la Protection internationale a annoncé tard le 3 juillet qu’il renonçait à un projet controversé de transformation d’un bâtiment dans le quartier de Lycavettos à Nicosie en centre d’accueil pour mineurs migrants non accompagnés. Ce revirement fait suite à plusieurs semaines de protestations des riverains, qui dénonçaient une absence de consultation. Les autorités ont insisté sur le fait que le site était toujours destiné à un centre de transit temporaire pour personnes vulnérables en attente de rapatriement, et non à un hébergement de longue durée. Néanmoins, le ministre délégué Nicholas Ioannides a reconnu que « des considérations de cohésion sociale » rendaient la poursuite du projet impossible, et a promis un nouveau dialogue avant de choisir un autre emplacement. Chypre a traité 3 039 relocalisations de demandeurs d’asile vers d’autres États membres de l’UE au premier semestre, et enregistré plus de 4 000 expulsions, mettant une pression aiguë sur les capacités d’accueil. Les mineurs non accompagnés représentent environ 6 % des nouvelles arrivées – un groupe qui, selon la législation européenne, nécessite des structures d’hébergement spécialisées et des services de tutelle. Des ONG de défense des droits humains ont alerté que l’annulation du projet sans solution alternative risquait de surcharger le camp existant de Pournara, près de Kokkinotrimithia, où les conditions ont déjà été critiquées par le Conseil de l’Europe. Les responsables de la mobilité en entreprise, chargés du suivi des relocalisations de salariés, notent que l’opposition locale aux centres pour migrants peut influencer les autorisations d’urbanisme pour des projets plus larges de logements destinés aux travailleurs étrangers. Le ministère a indiqué qu’il allait « évaluer d’autres propriétés publiques » et collaborer avec les instruments de financement européens pour augmenter d’ici la fin de l’année les capacités d’accueil adaptées aux enfants.
Source : Cyprus Mail