
La République tchèque a décidé, pour l’instant, de ne pas aller au-delà du régime européen de « notification » qui s’applique au personnel diplomatique russe depuis le 25 janvier. Dans ce cadre de base, les ambassades informent simplement l’État hôte à l’avance lorsqu’un diplomate prévoit d’entrer sur son territoire; certains pays membres de l’espace Schengen peuvent toutefois imposer une couche supplémentaire d’**autorisation préalable**, leur permettant d’approuver ou de refuser chaque déplacement. Le Premier ministre Andrej Babiš avait annoncé cette mesure plus stricte début février, après que les services de sécurité eurent alerté sur un risque accru d’espionnage. Lors d’une intervention au Parlement le 27 juillet, il a cependant confirmé qu’aucun travail préparatoire n’était en cours. Le gouvernement garde cette option plus rigoureuse « en réserve » au cas où les relations avec Moscou se détérioreraient davantage, mais estime que la République tchèque ne doit pas « se singulariser » alors que la majorité des alliés maintiennent un régime plus souple. À ce jour, seule l’Estonie a activé ce système d’autorisation. Pour les responsables de la mobilité internationale, cette décision dissipe l’incertitude à court terme: aucun nouveau document ni délai supplémentaire ne seront exigés pour les titulaires de passeports diplomatiques ou de service russes voyageant en République tchèque. Les entreprises accueillant des experts techniques russes munis de visas A-2 ou de service peuvent également s’attendre à ce que les procédures actuelles à l’aéroport de Prague et aux frontières terrestres restent inchangées. Néanmoins, les analystes en sécurité et en politique étrangère estiment que le débat est loin d’être clos. En cas de nouveau scandale d’espionnage ou de durcissement des sanctions européennes, Prague pourrait rapidement rétablir des contrôles aux frontières internes sur les déplacements diplomatiques russes. Les employeurs ayant du personnel russe muni de passeports officiels ou de service sont donc invités à préparer des plans de contingence (fenêtres de réservation plus larges, points d’entrée alternatifs dans l’espace Schengen). Cet épisode illustre aussi comment les États membres de l’UE superposent progressivement des contrôles nationaux basés sur l’évaluation des risques à la liberté de circulation Schengen. Les multinationales doivent suivre de près des évolutions similaires en Estonie, aux Pays-Bas et dans les pays nordiques, où des régimes d’autorisation sont à l’étude pour d’autres nationalités jugées à haut risque.
Source : Novinky.cz
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