
Dimanche matin, 2 août, les rues de Ceuta étaient de nouveau praticables, mais le choc psychologique des 72 heures précédentes reste palpable. Selon la délégation espagnole dans l’enclave, plus de 90 % des quelque 60 000 migrants entrés sont retournés volontairement au Maroc, nombreux à bord de bus affrétés par Rabat. Cet exode laisse environ 4 000 personnes sur place, principalement des mineurs non accompagnés et des demandeurs de protection internationale, désormais hébergés dans des installations de fortune, notamment dans des casernes militaires et un hall d’exposition reconverti. Pour les autorités locales, la priorité est passée du maintien de l’ordre à la gestion humanitaire. Le ministère de la Santé a dépêché des cliniques mobiles, tandis que le ministère de l’Intérieur a fait venir 200 agents supplémentaires chargés des demandes d’asile. Le traitement des dossiers sera priorisé: d’abord les mineurs, puis les demandes d’asile manifestement fondées, avant les retours accélérés dans le cadre de l’accord de réadmission de 1992 avec le Maroc. Sur le plan de la mobilité internationale, les entreprises ayant du personnel à Ceuta doivent composer avec des couvre-feux, des barrages routiers et d’éventuelles coupures d’internet, alors que les forces de sécurité fouillent les quartiers à la recherche de migrants restants. Les compagnies d’assurance réévaluent leurs clauses « guerre et troubles civils », et les gestionnaires de risques mettent à jour les protocoles d’évacuation. Politiquement, la crise a renforcé le parti d’extrême droite Vox, qui a organisé un rassemblement samedi, provoquant des contre-manifestations de résidents craignant un retour de la xénophobie. Le Premier ministre Pedro Sánchez a sollicité des fonds d’urgence auprès de Bruxelles au titre de la Clause de solidarité, tandis que les ONG appellent à un mécanisme européen de relocalisation. Bien que les ferries et la majorité des commerces aient repris, les analystes mettent en garde contre un retour spontané des migrants, qui pourrait s’accélérer si les rumeurs d’une « frontière ouverte » ressurgissent. Les employeurs sont invités à informer leurs collaborateurs voyageurs sur les exigences en matière d’identité et à maintenir des listes de contacts actualisées en temps réel en cas de reprise des troubles.
Source : Associated Press