
Les équipes médico-légales de Ceuta ont récupéré neuf corps supplémentaires dans les eaux côtières le 1er août, portant à 94 le nombre officiel de décès liés à l’entrée massive de la semaine dernière, rapporte El País. De nombreuses victimes présentaient des signes d’hypothermie et des blessures causées par des hélices, preuve que des nageurs ont tenté de s’accrocher à des bateaux de pêche après avoir été emportés par les courants loin de la jetée de Tarajal. L’Institut de médecine légale a installé une morgue temporaire dans une patinoire, et des échantillons d’ADN sont en cours de comparaison avec les données fournies par les autorités marocaines. Les familles à la recherche de proches disparus sont orientées vers un point d’aide animé par des interprètes de la Croix-Rouge. Au-delà de la tragédie humanitaire, la hausse du nombre de morts accroît la pression juridique sur les forces de sécurité espagnoles. Des avocats spécialisés en droits humains estiment que les mesures de contrôle des foules et la nouvelle barrière flottante pourraient constituer une « mise en danger délibérée » si elles ont entravé les opérations de sauvetage. Le ministère de l’Intérieur affirme que tous les décès ont eu lieu du côté marocain de la frontière maritime. Les entreprises engagées dans des programmes de responsabilité sociale en Afrique du Nord reçoivent déjà des questions de leurs employés concernant le bénévolat et les dons. Les responsables de la mobilité doivent se préparer à répondre aux inquiétudes sur la sécurité des personnels affectés à Ceuta, Melilla ou Gibraltar, car les images médiatiques des opérations de récupération des corps peuvent renforcer la perception du risque, même si la menace réelle pour les expatriés reste faible. Ces statistiques dramatiques alimentent également la pression politique sur Madrid et Bruxelles pour négocier un protocole de coordination des secours plus efficace avec Rabat avant le pic de la saison migratoire à la fin de l’été.
Source : El País