
Le gouvernement Albanese a fait adopter en urgence un projet de loi à la Chambre des représentants, donnant au ministre de l’Intérieur le pouvoir d’émettre une « décision de contrôle à l’arrivée » interdisant aux titulaires de certains visas temporaires de monter à bord de vols à destination de l’Australie, pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois. Cette mesure fait suite au conflit soudain survenu au Moyen-Orient le 1er mars, qui pourrait, selon les autorités, entraîner une augmentation des demandes d’asile de la part de personnes arrivant avec des visas de visiteur, étudiant ou affaires. Selon la législation, le ministre, avec l’accord écrit du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères, pourrait désigner à la fois la catégorie de visa et le pays d’origine. Les compagnies aériennes et les compagnies de croisière seraient tenues de refuser l’embarquement aux ressortissants visés par cette décision, sous peine de sanctions civiles. Les parents de citoyens australiens, les membres proches de la famille et les détenteurs de visas humanitaires seraient exemptés. Les députés du gouvernement ont présenté cette mesure comme une protection ciblée et temporaire visant à « préserver l’intégrité du système migratoire » face à des chocs géopolitiques imprévisibles. L’opposition a exprimé un soutien de principe, tandis que les petits partis et les ONG ont dénoncé ce projet de loi comme un outil brutal et discriminatoire punissant des civils fuyant un conflit. La cheffe des Verts, Larissa Waters, l’a qualifié de « nouveau bas niveau », tandis que le Centre de ressources pour les demandeurs d’asile a averti qu’il risquait de violer les obligations de non-refoulement. Pour les responsables de la mobilité internationale, l’essentiel est la rapidité: une fois la décision publiée au journal officiel, elle entre en vigueur immédiatement et peut être renouvelée. Les entreprises transférant du personnel depuis les pays désignés devront prévoir des plans de secours – comme un traitement dans un pays tiers ou le télétravail – en cas de blocage soudain des itinéraires. Les équipes chargées de la gestion des risques liés aux voyages devront également surveiller les répercussions sur les assurances, car la plupart des polices excluent les interdictions de voyage liées à des sanctions ou ordonnées par le gouvernement. La commission sénatoriale des affaires juridiques et constitutionnelles ouvrira une enquête d’une semaine, mais les ministres s’attendent à ce que le projet de loi soit adopté avant la pause de Pâques. S’il est promulgué, ce sera la première fois depuis la pandémie que l’Australie exerce des pouvoirs généraux fondés sur la nationalité à l’encontre des titulaires de visas temporaires, marquant un tournant important par rapport aux évaluations strictement individualisées des risques qui ont prévalu depuis l’ère post-COVID.
Source : ABC News