
Un projet de loi déposé tard dans la nuit du 3 avril à la Chambre des députés du Brésil donnerait aux autorités de l'immigration le pouvoir explicite de refuser les visas et les permis d'entrée aux membres actuels ou anciens des Forces de défense israéliennes. Bien que le Brésil dispose déjà d'un large pouvoir discrétionnaire pour refuser l'entrée pour des raisons de sécurité nationale ou de droits humains, l'auteure — la députée de gauche Joana Carvalho — soutient qu'une interdiction catégorique est nécessaire pour marquer l'opposition du Brésil à ce qu'elle qualifie de « violations systématiques du droit international humanitaire » à Gaza. Si le texte passe l'examen en commission, le Brésil pourrait devenir le premier pays d'Amérique latine à conditionner l'éligibilité au visa à l'appartenance à une armée étrangère plutôt qu'à une faute individuelle. Les partisans, dont plusieurs membres de la coalition au pouvoir du président Luiz Inácio Lula da Silva, présentent cette initiative comme une sanction non violente conforme aux principes des droits humains inscrits dans la loi sur la migration. Les détracteurs mettent en garde contre un risque de mesures de rétorsion — Israël pourrait, par exemple, restreindre l'accès aux Casques bleus brésiliens en mission au Liban — ou contre des recours juridiques pour discrimination fondée sur la profession et la nationalité. Les entreprises engagées dans la défense, la cybersécurité ou l’agritech, qui nécessitent la venue d’ingénieurs israéliens dans des usines brésiliennes, pourraient voir leurs projets retardés et leurs coûts de conformité augmenter brusquement. Les multinationales conseillent déjà à leurs employés de demander leurs visas d’affaires bien à l’avance et de conserver une documentation détaillée des projets pour prouver leur statut civil en cas de contrôle aux frontières. Pour les responsables de la mobilité internationale, cet épisode illustre une tendance plus large: les marchés émergents, autrefois permissifs, sont désormais prêts à instrumentaliser les règles d’entrée dans le cadre de conflits géopolitiques. Les programmes de devoir de vigilance doivent donc surveiller les calendriers législatifs, pas seulement les décrets exécutifs, et anticiper des interdictions de voyage motivées politiquement, qui peuvent surgir sans préavis.
Source : News.az
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