
À peine cinq jours après le lancement complet du nouveau système biométrique d’entrée/sortie (EES) de l’UE, le 10 avril, l’aéroport de Vienne-Schwechat est devenu le point focal des difficultés opérationnelles que rencontrent les aéroports à travers l’Europe. Selon Airports Council International (ACI) Europe, les voyageurs en provenance de pays hors UE font face à des files d’attente pouvant atteindre trois heures au contrôle aux frontières, plusieurs vols matinaux au départ de Vienne quittant l’aéroport avec des sièges vides, car des passagers attendaient encore l’enregistrement de leurs empreintes digitales et images faciales. Le ministère autrichien de l’Intérieur a confirmé, le 14 avril en fin de journée, le déploiement de 60 agents supplémentaires de la police aux frontières, redéployés des postes terrestres vers les aéroports de Vienne et Salzbourg pour faire face au pic des vacances de Pâques. Selon le ministère, les premières expériences montrent que l’enregistrement initial prend en moyenne quatre minutes par voyageur — bien au-delà de la référence européenne de 70 secondes — car de nombreux passagers arrivent sans être préparés à la capture biométrique et au questionnaire. Les employeurs ayant des collaborateurs internationaux sont invités à prévoir des temps de correspondance plus longs à Vienne et à fournir à leur personnel une preuve imprimée de leur historique de voyages dans l’espace Schengen pour accélérer les contrôles secondaires. Les compagnies aériennes s’adaptent déjà. Austrian Airlines a émis une alerte voyage recommandant aux passagers hors UE d’arriver à l’aéroport « au moins trois heures avant le départ » et autorise la modification de réservation le jour même sans frais en cas de correspondance manquée. Des agences de gestion de voyages ont indiqué au journal KURIER que certains clients d’affaires redirigent leurs cadres américains et britanniques via Zurich ou Munich jusqu’à amélioration du flux. En coulisses, le gouvernement envisage des exemptions ciblées. Olivier Jankovec, directeur d’ACI Europe, a publiquement demandé à Bruxelles le pouvoir de suspendre l’enregistrement EES lorsque les files deviennent « ingérables », mais l’autorité aéroportuaire de Vienne estime qu’une suspension générale compromettrait les objectifs de sécurité. À la place, les autorités testent une voie rapide pour les visiteurs d’affaires en court séjour détenteurs de cartes APEC ou d’équivalents EU Trusted Traveller, reprenant un dispositif déjà expérimenté à Schiphol. Pour les responsables mobilité, la leçon immédiate est pragmatique: les voyageurs hors UE entrant en Autriche doivent désormais prévoir un temps supplémentaire conséquent, avoir une preuve de leur voyage ultérieur et rester vigilants face aux changements ponctuels des procédures. À plus long terme, les entreprises pourraient devoir revoir le statut de hub de Vienne pour les réunions régionales, jusqu’à ce que la courbe d’apprentissage du contrôle aux frontières se stabilise — ce que les autorités assurent voir se produire une fois la majorité des voyageurs fréquents inscrits dans le système.
Source : The Guardian
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