
La communauté d’Interlake de St. Laurent, au Manitoba, a obtenu une subvention fédérale de 1,23 million de dollars canadiens le 20 juin pour agrandir son lagon et son système de traitement des eaux usées, dans le cadre du nouveau Fonds Construire des Communautés Solides d’Ottawa. Bien que cela puisse sembler une simple question d’infrastructure locale, cette amélioration a des répercussions directes sur la mobilité régionale de la main-d’œuvre: la capacité insuffisante du système d’assainissement freinait la construction de nouveaux logements, et par conséquent, l’installation de travailleurs étrangers temporaires et de candidats provinciaux recrutés par les transformateurs agroalimentaires voisins. Le conseil municipal de St. Laurent estime que l’agrandissement du lagon permettra d’accueillir environ 240 logements supplémentaires. Le Programme des candidats provinciaux a eu du mal à placer des candidats dans la région d’Interlake, car les propriétaires et promoteurs ne peuvent obtenir de permis de construire sans preuve de services municipaux adéquats. En levant cette contrainte, la municipalité prévoit d’accélérer la création de lotissements à revenus mixtes, incluant des logements locatifs destinés aux nouveaux arrivants dans le cadre du Programme pilote d’immigration rurale et nordique (PPIRN) et du Programme pilote agroalimentaire. Pour les employeurs, cette annonce réduit l’un des coûts cachés des affectations rurales: les longs trajets quotidiens depuis Winnipeg ou Brandon. Les transformateurs agroalimentaires s’attendent à ce que ces nouveaux logements réduisent les temps de trajet jusqu’à 90 minutes, améliorant ainsi la rétention pour des postes difficiles à pourvoir dans la transformation de la viande, le transport routier et la maintenance des équipements. Ce projet s’inscrit également dans la future Stratégie régionale d’établissement du Manitoba, qui conditionnera le financement provincial des cours de langue et des services aux nouveaux arrivants à la capacité des municipalités à fournir des services essentiels (eaux usées, eau potable, haut débit) pour au moins dix ans de croissance prévue. L’initiative précoce de St. Laurent lui donne une bonne position pour obtenir des financements futurs pour les services aux immigrants et pourrait servir de modèle à d’autres villes rurales confrontées au dilemme infrastructure-croissance démographique. Les équipes de mobilité internationale qui relocalisent du personnel vers des sites secondaires devraient surveiller les subventions du Fonds Construire des Communautés Solides, notamment dans les secteurs prioritaires que sont l’eau, les transports et le haut débit, qui influent fortement sur la qualité de vie, l’intégration familiale et, en fin de compte, la réussite des missions en milieu non urbain.