
Un commentaire juridique publié le 20 juillet met en lumière une pratique émergente — et risquée — pour contourner la pénurie notoire de rendez-vous en matière d’immigration en Espagne. Selon M. Eugenia Blasco Rodellar d’AGM Abogados, des intermédiaires non régulés demandent désormais aux candidats désespérés de leur remettre leurs certificats numériques personnels en échange d’un rendez-vous aux bureaux d’Extranjería ou de la Police. Ces certificats, délivrés par la Fábrica Nacional de Moneda y Timbre, permettent une identification électronique complète et la signature de documents officiels. Perdre le contrôle de ces certificats équivaut à donner une procuration en ligne à un inconnu. L’Institut national de cybersécurité alerte que des certificats volés ont déjà servi à obtenir des données fiscales, des historiques de sécurité sociale, voire des allocations chômage au nom des victimes. Pour les employeurs qui transfèrent des talents étrangers en Espagne, cette situation est alarmante. Les employés qui remettent leurs certificats risquent d’exposer involontairement des données de paie, des informations d’assurance maladie et des contrats d’entreprise stockés sur des portails gouvernementaux. Les équipes RH et mobilité doivent mettre à jour leurs briefings d’intégration: aucune gestoría ou cabinet d’avocats sérieux ne demandera jamais le fichier.pfx original ou la clé privée; au mieux, ils accompagneront l’employé lors d’une session de signature par procuration. L’article appelle également l’administration à s’attaquer à la cause profonde: l’impossibilité d’obtenir des rendez-vous pour la prise d’empreintes ou le renouvellement des cartes de séjour. Parmi les propositions figurent l’attribution automatique d’un créneau lors de l’approbation d’une demande et un contrôle renforcé des bots qui monopolisent les rendez-vous. En attendant des solutions structurelles, les entreprises devraient planifier les renouvellements au moins quatre mois à l’avance et envisager de recourir aux bureaux régionaux où les files d’attente sont plus courtes. L’alerte de Blasco intervient alors que le principal bureau d’Extranjería de Madrid affiche des créneaux biométriques disponibles seulement fin octobre, tandis que le calendrier en ligne de Barcelone reste vide. Le marché des rendez-vous illicites — désormais estimé à 300 € par créneau — ne disparaîtra probablement pas sans une augmentation significative des capacités administratives.
Source : Cinco Días
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