
L’enclave espagnole nord-africaine de Ceuta s’est réveillée le 30 juillet sur des scènes rappelant la crise migratoire de 2021, après que plusieurs milliers de personnes ont traversé depuis le Maroc voisin durant la nuit. Selon des sources syndicales de la police locale, le flux a commencé juste après minuit, lorsque des groupes principalement composés de jeunes hommes ont escaladé les brise-lames du littoral et ont nagé ou contourné à pied la clôture frontalière sur les plages de Benzú et Tarajal. À l’aube, les patrouilles de la Garde civile, débordées, s’étaient repliées en position défensive à l’intérieur de la ville, tandis que des dizaines de migrants, épuisés, étaient assis au bord des routes ou soignés pour hypothermie par la Croix-Rouge. Le président régional de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a qualifié la situation « d’incontrôlable » et a appelé Madrid à déclarer l’état d’urgence nationale. Le ministère de l’Intérieur a rejeté cette demande, mais a confirmé le déploiement de renforts anti-émeutes et de 200 soldats de réaction rapide, transférés par avion depuis les casernes du continent, rappelant la mobilisation de 2021. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a assuré que l’Espagne « garantirait la sécurité de ses frontières » tout en respectant ses obligations humanitaires. Ce nouvel afflux survient en pleine saison estivale de migration et quelques semaines seulement après que le Système d’Entrée/Sortie (EES) de l’Union européenne est devenu obligatoire à toutes les frontières extérieures de l’espace Schengen, y compris la clôture terrestre de Ceuta. Les agents expliquent que l’obligation d’enregistrer les données biométriques de chaque ressortissant de pays tiers ralentit les procédures et crée des embouteillages que les passeurs exploitent. Les ONG de défense des droits humains estiment, quant à elles, que cette montée reflète une pression accumulée dans la région du Rif nord-marocain, où le taux de chômage a dépassé 30 % cette année. Pour les responsables de la mobilité internationale, cet incident rappelle que les enclaves nord-africaines espagnoles restent des zones très sensibles. Les voyageurs d’affaires transitant par les ports de Ceuta ou de Tanger Med dans les prochains jours doivent s’attendre à des contrôles d’identité, des fermetures de routes et une possible suspension des liaisons rapides en ferry à travers le détroit de Gibraltar. Les employeurs ayant du personnel en mission dans l’enclave sont invités à revoir leurs protocoles d’évacuation d’urgence et à rester en contact étroit avec les autorités espagnoles pour obtenir des mises à jour en temps réel.
Source : Associated Press
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