
Dans une circulaire envoyée à tous les consulats américains le mardi 28 avril, le Département d’État a ordonné aux agents consulaires de poser deux nouvelles questions à chaque demandeur de visa de visiteur, étudiant ou travail temporaire: 1) « Avez-vous subi des violences ou des mauvais traitements dans votre pays d’origine ou votre dernier lieu de résidence habituelle? » et 2) « Craignez-vous des violences ou des mauvais traitements si vous y retournez? » Toute réponse affirmative à l’une de ces questions entraîne un refus immédiat du visa. Cette directive, signée par le secrétaire d’État Marco Rubio et fondée sur un décret exécutif de Trump datant de 2025, vise à endiguer ce que l’administration qualifie « d’abus du droit d’asile » dès le début du processus de mobilité. Jusqu’à présent, le contrôle lié à la crainte de retour n’était effectué que si un voyageur demandait l’asile après son entrée aux États-Unis. En déplaçant ce contrôle à l’étranger, Washington espère dissuader les candidats à l’asile d’utiliser les visas temporaires comme un tremplin pour déposer une demande de protection une fois sur le sol américain. Les avocats spécialisés en immigration alertent sur le risque que cette mesure piège des voyageurs d’affaires, étudiants et conférenciers réellement persécutés, les empêchant d’entrer aux États-Unis. Contrairement aux réfugiés, traités dans un système distinct, de nombreux entrepreneurs, journalistes et universitaires dépendent des visas B-1/B-2 ou du programme ESTA pour établir une présence commerciale ou participer à des programmes de courte durée aux États-Unis. Un seul « oui » sincère pourrait désormais leur fermer cette porte, ce qui, selon les critiques, pourrait contrevenir aux obligations américaines au titre de la Convention de Genève relative aux réfugiés. Pour les employeurs multinationales, cette nouvelle donne modifie immédiatement la donne. Les entreprises doivent désormais vérifier si les invités ou employés en transfert présentent des antécédents de persécution susceptibles d’être contestés; le cas échéant, elles devront privilégier la participation à distance ou organiser les déplacements via des bureaux dans des pays tiers. Les filiales américaines doivent aussi se préparer à une augmentation des exceptions « impossibilité de voyager » dans leurs politiques de mobilité globale et revoir les lieux d’événements qui dépendent d’une forte participation internationale. La directive entre en vigueur immédiatement. Les consulats mettent à jour leurs sites de prise de rendez-vous, et les demandeurs verront apparaître ces deux questions dès cette semaine. Il n’y a pas de recours possible sur place; les voyageurs refusés ne peuvent déposer une nouvelle demande qu’après avoir juré ne plus craindre de retour. Des recours judiciaires sont attendus, mais pour l’instant, les responsables de la mobilité n’ont d’autre choix que d’informer les voyageurs et d’adapter les calendriers en conséquence.
Source : The Washington Post
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