
Dans un revers pour l’une des tactiques les plus controversées de l’administration Trump, le juge fédéral Casey Pitts a émis le 23 juin une injonction nationale interdisant à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) d’arrêter des non-citoyens à l’intérieur ou à proximité immédiate des tribunaux d’immigration. Pitts a estimé que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) n’avait pas mené l’analyse raisonnée requise par l’Administrative Procedure Act lorsqu’il a renversé une politique vieille de 80 ans qui décourageait les arrestations dans les tribunaux. Cette décision fait suite à un jugement similaire en mai, limité à l’État de New York, mais étend désormais cette protection à l’ensemble du pays. Le juge a souligné l’« effet dissuasif » que ces arrestations exercent sur la volonté des individus à se présenter en justice, un effet qui compromet le respect de la procédure régulière tant dans les affaires d’immigration que dans les dossiers criminels non liés devant les tribunaux d’État. Pour les programmes de mobilité internationale, cette ordonnance réduit (pour l’instant) le risque que des employés soient détenus lors d’audiences obligatoires telles que les entretiens d’ajustement, les révisions d’expulsion ou les procédures pour violation de statut. Les avocats rappellent toutefois que l’ICE conserve le pouvoir d’effectuer des arrestations dans les lieux publics ou après la fin d’une audience. Les services juridiques d’entreprise doivent continuer à échelonner les dates d’audience pour permettre un accompagnement légal et conseiller aux employés étrangers d’éviter de porter des preuves numériques compromettantes (par exemple, des faux documents) en entrant dans les tribunaux. Si le DHS a qualifié cette injonction « d’activisme judiciaire », il n’a pas encore annoncé s’il fera appel devant la Cour d’appel du neuvième circuit. Si la décision est maintenue, les groupes professionnels anticipent une réduction des annulations d’audiences de dernière minute, ce qui pourrait accélérer les procédures et diminuer le coût des congés administratifs prolongés pour les travailleurs concernés.
Source : Washington Post