
Les voyageurs transitant par l’aéroport de Zurich le 14 juillet ont découvert un titre alarmant: « Nouvelles règles de l’UE ralentissent le contrôle aux passeports ». Le Système d’Entrée/Sortie (EES) — pilier central du nouveau dispositif de frontières intelligentes de l’UE — a discrètement été mis en place cette semaine aux frontières extérieures suisses, avec des conséquences immédiates. Grâce à l’EES, les passeports des ressortissants de pays tiers sont scannés, photographiés et associés à quatre empreintes digitales lors de leur première entrée dans l’espace Schengen. À terme, ce fichier biométrique devrait accélérer les passages ultérieurs et aider à détecter les dépassements de séjour, mais l’enregistrement initial prend nettement plus de temps qu’un simple tampon traditionnel. L’aéroport de Zurich, qui peut accueillir plus de 40 000 passagers hors UE lors des pics estivaux, prévient d’« un allongement significatif des temps d’attente » pendant la période de juillet-août. Les citoyens suisses et de l’UE/AELE ne sont que peu impactés; ils peuvent continuer à utiliser les bornes électroniques comme auparavant. En revanche, les voyageurs d’affaires hors UE doivent désormais effectuer une étape administrative supplémentaire, risquant de compromettre des correspondances serrées avec les trains suisses et les vols européens suivants. La police cantonale a réaffecté du personnel aux guichets manuels et l’autorité aéroportuaire invite les compagnies à rappeler aux passagers premium de prévoir au moins 45 minutes pour les formalités frontalières. Pour les responsables de la mobilité internationale, le message est clair: un itinéraire qui fonctionnait auparavant avec une correspondance de 60 minutes à Zurich nécessitera désormais probablement 90 minutes. Les entreprises organisant des visas de court séjour pour leurs collaborateurs doivent aussi savoir que l’EES enregistre automatiquement chaque entrée et sortie, limitant ainsi la possibilité de « réinitialiser » les compteurs de séjour Schengen en passant par un pays voisin. À plus long terme, le déploiement de l’EES prépare le terrain pour l’ETIAS, l’autorisation électronique de voyage que devront obtenir, dès fin 2026 ou début 2027, les visiteurs exemptés de visa — notamment Américains et Britanniques. Les embouteillages actuels à Zurich offrent donc un avant-goût des changements plus larges à venir dans l’architecture frontalière suisse, où la technologie promet une meilleure efficacité sur le long terme, mais engendre des difficultés de démarrage à court terme.
Source : Nau.ch