
Le gouvernement thaïlandais a approuvé une réduction de la durée de séjour sans visa pour 54 pays — dont la Suisse — passant de 60 à 30 jours, mesure qui entrera en vigueur dès sa publication dans le Journal Officiel royal. Cette décision, rapportée le 13 juillet par SWI swissinfo.ch, a suscité une vive inquiétude au sein de la importante communauté suisse de retraités saisonniers, nombreux à passer l’hiver entre Phuket et Chiang Mai. Jusqu’à présent, les détenteurs d’un passeport suisse pouvaient entrer sans visa, prolonger une fois leur séjour de 30 jours et profiter jusqu’à trois mois dans le Royaume avec peu de formalités. Avec ce nouveau régime, ils devront sortir et revenir (« border runs ») tous les 30 jours ou obtenir un visa touristique ou de retraite préalablement arrangé. Le gouvernement thaïlandais justifie ce changement par la volonté de prévenir les activités économiques non déclarées et de décourager les séjours de longue durée sous couvert d’autorisations de courte durée. Pour les quelque 10 000 Suisses qui considèrent la Thaïlande comme leur résidence principale à l’étranger — ainsi que pour les milliers d’autres « hirondelles » y vivant une partie de l’année —, la charge financière et administrative devient réelle: preuve de 20 000 bahts (environ 480 CHF) en espèces à l’arrivée, exigences d’assurance plus élevées, et la perspective de devoir recourir à des agents pour naviguer dans des portails de visa en ligne complexes. Les assureurs voyage suisses et les conseillers en gestion de patrimoine reçoivent de nombreux appels de clients inquiets des exclusions de couverture pour les plus de 80 ans et des écarts entre l’assurance maladie de base suisse (qui s’arrête généralement après six semaines à l’étranger) et les frais hospitaliers en Thaïlande. Le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) a jusqu’à présent enregistré seulement une « poignée » de demandes officielles, mais s’attend à une augmentation dès l’annonce de la date d’application. Les entreprises employant des expatriés en Thaïlande — notamment dans l’hôtellerie, la vente de montres et la distribution pharmaceutique — devront revoir les catégories de visas pour les recrutements locaux versus les détachements et prévoir un budget pour des déplacements plus fréquents vers et depuis le pays. Quant aux retraités, ils envisagent des alternatives, du programme MM2H en Malaisie au visa non lucratif en Espagne, illustrant à quel point une politique de visa en évolution rapide peut rediriger les flux de revenus de retraite suisses à l’étranger.
Source : SWI swissinfo.ch