
Le Département de la Sécurité intérieure a finalisé un règlement mettant fin à la longue pratique de l’admission en « durée de statut » pour la plupart des étudiants internationaux en visa F-1, la remplaçant par une durée fixe de quatre ans. Cette règle, qui entrera en vigueur en septembre, oblige les étudiants nécessitant plus de temps à déposer une demande de prolongation auprès des Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) et à prouver une « progression académique à temps plein continue ». Depuis 1978, les titulaires du visa F-1 bénéficiaient généralement d’une admission en « D/S », leur permettant de rester aux États-Unis aussi longtemps que nécessaire pour terminer leur programme académique, y compris toute formation pratique autorisée. Les responsables du DHS estiment que cette nouvelle limite comble une « faille » qui permettait à certains étudiants de rester indéfiniment en changeant de spécialité ou d’établissement. Cependant, les responsables de l’enseignement supérieur alertent sur le fait que cette charge administrative supplémentaire pèsera sur les bureaux internationaux des universités et pourrait dissuader les futurs étudiants dans un marché mondial de l’éducation de plus en plus concurrentiel. Ce plafond de quatre ans intervient alors que les inscriptions internationales sont en baisse et s’ajoute aux exigences de contrôle via les réseaux sociaux et aux interdictions de voyage qui compliquent déjà le processus d’obtention des visas étudiants. Les universités dépendant des cohortes internationales payant des frais de scolarité complets — en particulier les petites universités publiques et les programmes de master en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM) — risquent des pertes de revenus et des pénuries de talents si les étudiants préfèrent le Canada, le Royaume-Uni ou l’Australie. Les employeurs recrutant des diplômés pour la formation pratique optionnelle (OPT) ou le statut H-1B pourraient également faire face à des interruptions plus fréquentes si les demandes de prolongation sont retardées. Concrètement, les responsables désignés des établissements (DSO) devront mettre à jour leurs protocoles dans le système d’information des étudiants et visiteurs d’échange (SEVIS), conseiller les étudiants sur les stratégies de dépôt en temps utile et suivre de plus près leur progression académique. Ne pas obtenir une prolongation avant l’expiration des quatre ans entraînera une perte de statut, pouvant déclencher une interdiction de retour aux États-Unis de dix ans. Les universités s’activent pour créer des alertes automatisées et des campagnes de conseil avant la rentrée afin de limiter ce risque. Pour les entreprises multinationales dépendant des talents formés aux États-Unis, cette règle pourrait réduire les délais de recrutement sur campus et diminuer le nombre de candidats éligibles à l’autorisation de travail post-diplôme. Les équipes en charge de la mobilité doivent suivre les délais de traitement de l’USCIS et prévoir des frais de traitement accéléré lorsque cela est possible, tandis que les coalitions de l’enseignement supérieur mènent des actions en justice pour faire annuler ou atténuer cette mesure.
Source : WBUR / Associated Press