
Dans une trilogie de décisions rendues le 29 juillet 2026 (n° 24184, 24185 et 24045/2026), la Cour de cassation italienne, siégeant en sections réunies, a définitivement tranché la « question mineure » qui pesait sur les demandes de reconnaissance de la citoyenneté italienne par filiation (jure sanguinis) dans le monde entier. Jusqu’à présent, les consulats pouvaient refuser la reconnaissance lorsque l’ancêtre italien s’était naturalisé à l’étranger alors que l’enfant suivant dans la chaîne était encore mineur, estimant que ce descendant avait perdu le droit de transmettre la citoyenneté. La Cour a statué que l’article 7 de la loi 555/1912 — confirmé par l’article 11 de la loi 91/1992 — protège la citoyenneté italienne du mineur même si le parent la perd. Cette perte est seulement potentielle et doit être expressément renoncée à la majorité. En l’absence de renonciation, la citoyenneté persiste et se transmet sans interruption. Les juges ont également jugé que les circulaires administratives contraires à cette interprétation sont illégales et ne peuvent plus être appliquées par les consulats ou les municipalités. Concrètement, ces décisions débloquent des milliers de dossiers en attente au Brésil, aux États-Unis, en Argentine et en Australie. Les demandeurs précédemment refusés peuvent déposer une simple « istanza di autotutela » pour obtenir une reconnaissance immédiate sans engager une nouvelle procédure judiciaire. Les municipalités traitant les demandes sur le territoire national doivent rouvrir les dossiers gelés après la circulaire 43347/2024. Pour les responsables de la mobilité internationale, ce jugement élargit le vivier de talents binationaux pouvant être détachés au sein de l’UE sans permis de travail. Les entreprises sont encouragées à inciter les employés d’origine italienne, auparavant refusés, à réexaminer leur dossier; la reconnaissance s’applique désormais rétroactivement, ce qui signifie que les bénéficiaires ont été citoyens européens depuis toujours. Le ministère de l’Intérieur devrait publier une circulaire d’application dans les 30 jours. D’ici là, les consulats disposent d’une certaine marge de manœuvre, mais la plupart ont déjà commencé à programmer de nouveaux rendez-vous selon des notes internes diffusées le 30 juillet.
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