
L’Italie a profité de la réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’UE mardi pour renouveler son appel de longue date à un durcissement des politiques de retour, affirmant que l’Union doit utiliser « tout son poids économique » pour faire pression sur les pays tiers afin qu’ils réadmettent leurs ressortissants entrés irrégulièrement en Europe. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a expliqué à ses homologues que l’arrivée sans précédent la semaine dernière d’environ 50 000 personnes à la nage à Ceuta avait montré « à quelle vitesse les rumeurs sur les réseaux sociaux peuvent submerger les défenses des frontières extérieures ». Pour rétablir l’effet dissuasif, il a estimé que l’UE devrait conditionner l’aide au développement, la facilitation des visas et les préférences commerciales à des critères concrets de réadmission — reprenant ainsi le modèle britannique des « tableaux de conformité » qui classent les pays d’origine selon leur acceptation des vols de rapatriement. Piantedosi a également défendu le plan controversé de Rome visant à externaliser le contrôle des demandes d’asile vers des centres d’accueil dans des pays tiers sûrs, citant le protocole Italie-Albanie — selon lequel deux camps gérés par l’Italie près de Shengjin et Gjadër doivent traiter jusqu’à 36 000 migrants par an — comme un « projet pilote qui suscite désormais l’intérêt de la majorité des États membres ». Plusieurs délégations d’Europe du Nord et du Centre ont salué l’idée en principe, tout en mettant en garde contre d’éventuelles actions en justice pour atteinte aux droits de l’homme si le droit européen ne définit pas clairement la compétence extraterritoriale. Bien qu’aucune conclusion formelle n’ait été adoptée, la présidence belge du Conseil a accepté de soumettre des propositions de conditionnalité des retours lors du prochain Conseil Justice et Affaires intérieures en septembre. Les entreprises dépendant des transferts intra-entreprises depuis des pays comme le Bangladesh, la Tunisie ou le Nigeria pourraient voir la délivrance des permis de travail ralentir ou les risques de refus augmenter si Bruxelles établit un lien strict entre facilitation des visas et performance en matière de réadmission. Les équipes mobilité doivent cartographier leurs populations d’expatriés par rapport aux listes potentielles de pays « non coopératifs » et préparer des stratégies alternatives de recrutement ou de télétravail. À court terme, Piantedosi a confirmé que la suspension d’un mois de l’espace Schengen avec l’Espagne resterait en vigueur « en attendant une nouvelle évaluation », tout en soulignant que des exceptions continuent de s’appliquer au trafic de marchandises et aux voyageurs détenteurs de documents diplomatiques ou de laissez-passer Schengen.
Source : ANSA English
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