
Dans un arrêt aux répercussions majeures pour l’application des lois sur l’immigration, la Haute Cour du Karnataka a ordonné, le 10 mars, la libération immédiate de deux ressortissants nigérians arrêtés pour des accusations de narcotiques, estimant que la police n’avait pas informé ces derniers des motifs de leur arrestation dans une langue qu’ils comprenaient, en violation de l’article 22 de la Constitution. Le juge M. Nagaprasanna a souligné que les protections de l’article 22 sont « centrées sur la personne, et non sur le citoyen » et s’appliquent donc également aux étrangers. Toutefois, la Cour a ordonné que les hommes soient remis au Bureau régional d’enregistrement des étrangers (FRRO) de Bengaluru pour engager une procédure d’expulsion, notant que tous deux avaient dépassé la durée de validité de leur visa de plusieurs années. Cette double décision envoie un message clair: les irrégularités procédurales lors de l’arrestation ne suppriment pas les obligations liées à l’immigration. Pour les équipes de conformité des entreprises, ce jugement rappelle que les employés étrangers détenus pour des infractions pénales doivent recevoir les documents d’arrestation en anglais ou dans une langue qu’ils comprennent. Le manquement de la police à cette obligation peut entraîner la nullité de la détention, exposant potentiellement les entreprises à une responsabilité indirecte si la personne s’enfuit. Parallèlement, la validité du visa et les sanctions pour dépassement de séjour restent en vigueur, et les FRRO agiront rapidement pour expulser les personnes en situation irrégulière une fois libérées. Les avocats spécialisés en immigration estiment que ce jugement pourrait inciter les forces de police à revoir les modèles multilingues utilisés lors des arrestations de ressortissants étrangers. Il réaffirme également la primauté des FRRO dans les procédures d’expulsion: même lorsque les tribunaux pénaux accordent une remise en liberté sous caution ou annulent une arrestation, l’étranger peut être placé en centre de détention en attendant son expulsion. Les employeurs doivent suivre cette jurisprudence, car une argumentation similaire pourrait protéger les expatriés de bonne foi contre des détentions abusives lors de litiges du travail ou civils.
Source : Verdictum
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