
Le cabinet d’avocats barcelonais Klev & Vera a publié le 18 juin un guide détaillé expliquant l’impact du nouveau Système d’Entrée/Sortie (EES) de l’UE sur les ressortissants de pays tiers vivant ou voyageant en Espagne. Depuis son lancement le 10 avril, tous les titulaires de passeports non européens entrant ou sortant de l’espace Schengen voient leurs documents de voyage, leur image faciale et quatre empreintes digitales enregistrés dans une base de données centrale. Bien que les détenteurs d’un titre de séjour espagnol valide (TIE) soient en principe exemptés, le cabinet souligne plusieurs zones d’ombre — notamment pour ceux en attente de renouvellement ou dont la demande est en cours — où les voyageurs pourraient être signalés. Les dépassements de séjour seront automatiquement détectés, augmentant ainsi le risque d’amendes ou d’interdictions de retour. La note recommande aux employeurs internationaux d’informer leurs équipes, de vérifier la validité des cartes de séjour et de prévoir des délais supplémentaires aux aéroports de Madrid-Barajas et Barcelone-El Prat, où des files d’attente pouvant atteindre six heures ont été observées lors des premières semaines d’application. L’EES a également des conséquences sur la résidence fiscale. Les autorités frontalières disposant désormais d’un relevé précis des jours passés en Espagne, les écarts avec la résidence déclarée aux fins fiscales seront plus facilement détectés par l’Agencia Tributaria. Les entreprises ayant recours à des détachements en navette doivent donc vérifier leur conformité au régime des 90/180 jours. À plus long terme, l’EES est une condition préalable à l’introduction des autorisations de voyage ETIAS, désormais prévues pour mi-2027. Les équipes en charge de la mobilité internationale doivent donc s’attendre à une digitalisation accrue des formalités aux frontières de l’UE et commencer à intégrer les contrôles biométriques dans leurs processus de gestion des déplacements.
Source : Klev & Vera Abogados