
Pour la première fois depuis sa création par le Congrès en 1996, la Cour de retrait des terroristes étrangers (ATRC) a accepté une requête gouvernementale visant à expulser une personne classée comme « terroriste étranger ». Le juriste Steve Vladeck a rapporté le 20 juillet que l’administration Trump avait déposé la demande scellée le 15 juillet, ce qui a conduit cette cour méconnue, relevant de l’article III, à émettre son premier ordre public le lendemain. L’ATRC a été conçue pour permettre au gouvernement de présenter des preuves classifiées à un panel de cinq juges de district — et non à des juges d’immigration — tout en offrant à l’étranger concerné une possibilité limitée de réponse. Jusqu’à présent, les administrations successives avaient évité ce processus en raison de préoccupations liées au respect des droits procéduraux et de l’existence d’autres moyens, comme les poursuites pénales ou les tribunaux d’immigration classiques. L’activation de ce tribunal témoigne d’une volonté d’utiliser tous les leviers légaux dans le cadre de l’agenda national sécuritaire ambitieux de l’administration. Pour les responsables de la mobilité internationale, ce précédent est important: il montre la disposition du gouvernement à recourir à des instances extraordinaires pour expulser des étrangers jugés dangereux pour la sécurité, potentiellement sans divulguer les preuves à la personne ou à l’employeur. Les entreprises qui sponsorisent des cadres ou experts étrangers dans des secteurs sensibles — défense, intelligence artificielle, biotechnologie — doivent revoir leur conformité aux contrôles à l’exportation et leurs procédures internes de vérification pour limiter les risques. Des associations de défense des droits civiques s’interrogent déjà sur la constitutionnalité d’une expulsion fondée sur des preuves secrètes, surtout si la personne visée est un résident permanent légal. Tout appel serait directement porté devant la Cour d’appel du district de Columbia, mais l’affaire pourrait finalement être portée devant la Cour suprême, définissant ainsi la frontière entre l’autorité en matière d’immigration et le respect des droits procéduraux. Les multinationales doivent suivre de près l’issue de ce dossier: une décision de l’ATRC pourrait créer une jurisprudence qui s’appliquerait ensuite aux procédures d’expulsion ordinaires, influençant l’usage des documents classifiés contre des employés étrangers dans d’autres contextes, comme les révocations de visas H-1B ou les suppressions du programme Global Entry.
Source : Just Security