
Un tribunal militaire à Nicosie a condamné trois ressortissants soudanais à 30 jours de prison le 21 septembre pour avoir pénétré dans la partie nord de l'île contrôlée par la Turquie, via une zone militaire interdite de premier degré. Selon les témoignages policiers, les hommes ont franchi la Ligne Verte à 1h30 du matin, ont été arrêtés par des soldats en patrouille et remis aux autorités de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), autoproclamée. En vertu de l'article 4 de la loi chypriote sur les infractions militaires, l'entrée non autorisée dans une zone interdite peut entraîner jusqu'à deux ans de prison, mais le tribunal a opté pour une peine plus courte en raison de la confession rapide des prévenus. Cet incident illustre la complexité juridique créée par la division de l'île: alors que l'acquis de l'UE est suspendu au nord de la Ligne Verte, les migrants utilisent souvent cette zone tampon poreuse pour chercher du travail ou poursuivre leur route, s'exposant ainsi à des poursuites des deux côtés. Pour les entreprises qui déplacent du personnel entre la République et le nord — par exemple pour des chantiers dans la zone tampon de l'ONU — cette affaire souligne l'importance de n'utiliser que les points de passage officiels. Les personnes trouvées dans des zones militaires risquent détention, comparution devant la justice et tampons de refus de voyage pouvant compliquer de futures demandes de visa Schengen. Ces incarcérations interviennent alors que les autorités chypriotes sollicitent à Bruxelles des ressources supplémentaires pour Frontex afin de surveiller la ligne de cessez-le-feu de 180 kilomètres. Des auditeurs de l'UE ont récemment averti que les entreprises employant des ressortissants de pays tiers dans le sud pourraient subir un préjudice d'image si leurs sous-traitants encouragent indirectement les traversées de la Ligne Verte en proposant du travail informel. Conseil pratique: tout employé — local ou expatrié — devant se rendre en RTCN pour des raisons professionnelles légitimes doit impérativement être muni d’une carte d’identité ou d’un passeport de la République de Chypre, ainsi que d’une lettre d’invitation officielle de l’entreprise, et ne franchir la frontière qu’aux neuf points de passage autorisés. Tout passage ailleurs constitue non seulement une infraction administrative, mais un délit passible d’une peine de prison immédiate.
Source : News TRNC