
Un télégramme mondial envoyé par le Département d'État américain le 28 avril — et confirmé publiquement le 30 avril — impose désormais aux agents consulaires de poser deux nouvelles questions à tous les demandeurs de visa non-immigrant: s’ils ont été victimes de persécutions dans leur pays d’origine et s’ils craignent des représailles en cas de retour. Une réponse affirmative entraîne automatiquement un refus en vertu de l’article 214(b), au motif que le demandeur pourrait chercher à obtenir une protection aux États-Unis. Cette directive concrétise les dispositions d’un décret présidentiel de Donald Trump datant de 2025, visant à limiter ce que l’administration qualifie de « shopping d’asile ». Jusqu’à présent, le filtrage basé sur la peur ne se faisait qu’après l’arrivée, lors des entretiens de crédibilité à l’aéroport ou des demandes formelles d’asile. En anticipant cette évaluation, les futurs étudiants, touristes et voyageurs d’affaires sont contraints de renoncer à la confidentialité concernant leurs éventuelles persécutions, ce que les défenseurs des réfugiés dénoncent comme une violation des normes internationales. Sur le plan pratique, cette règle crée une nouvelle incertitude pour les entreprises accueillant des stagiaires, des apprentis ou des cadres en visite venant de régions politiquement instables. Une réponse honnête peut compromettre l’obtention d’un visa B-1/B-2 ou J-1, même pour un séjour de courte durée. Les avocats spécialisés en immigration conseillent à leurs clients de se préparer à une hausse des refus et d’envisager des alternatives telles que le télétravail ou des missions dans des pays tiers. Cette politique complique également les futures demandes de changement de statut. Les juristes soulignent qu’un demandeur ayant répondu « non » à l’étranger mais déposant ensuite une demande d’asile aux États-Unis risque de voir sa crédibilité remise en cause. À l’inverse, une réponse « oui » à l’étranger sera intégrée au dossier consulaire permanent, accessible aux agents de l’USCIS et de la CBP. Plusieurs recours judiciaires sont attendus, les plaignants arguant que ces refus systématiques contreviennent aux lois garantissant une évaluation individualisée. En attendant la décision des tribunaux, les équipes en charge de la mobilité internationale doivent désormais vérifier les risques liés à la peur du retour bien avant les entretiens de visa et prévoir des délais supplémentaires dans la planification des projets.
Source : Dawn
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