
Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a profité d’une intervention dimanche matin dans l’émission « State of the Union » sur CNN pour adopter la position la plus ferme à ce jour à l’égard des plus de 670 000 étrangers bénéficiant du Statut de Protection Temporaire (TPS) aux États-Unis. « Soit vous essayez de remplir les formalités pour obtenir un statut permanent, soit nous vous aiderons à retourner dans votre pays », a-t-il déclaré, précisant que le département financerait même un billet d’avion ainsi qu’une aide unique de 2 100 dollars pour le rétablissement des personnes partant volontairement. Cette interview télévisée intervient seulement trois jours après que la Cour suprême a confirmé de justesse l’autorité de l’administration Trump à mettre fin au TPS pour Haïti et la Syrie, levant ainsi le dernier obstacle juridique à une suppression progressive qui, selon les défenseurs de l’immigration, concernera à terme les ressortissants de 16 pays. Bien que le département n’ait pas encore publié d’avis officiel au Registre fédéral, le message de Mullin est clair: les bénéficiaires du TPS doivent se préparer à recevoir cet été des notifications de fin de statut dans un délai de 18 mois. Pour les employeurs, ces déclarations ravivent une incertitude déjà forte dans la planification des effectifs. Les titulaires du TPS travaillent légalement dans tous les secteurs majeurs aux États-Unis — de la construction et l’hôtellerie aux maisons de retraite et aux technologies avancées — et les services des ressources humaines devront désormais prévoir des plans de contingence pour remplacer les employés perdant leur autorisation de travail. Les entreprises souhaitant un parrainage permanent devront accélérer les démarches PERM et I-140, tandis que celles qui ne le peuvent risquent des interruptions opérationnelles et des coûts de recrutement accrus. Les responsables de la conformité devront aussi revoir les calendriers de reverification des formulaires I-9: dès la publication d’un avis officiel de fin de TPS, les employés concernés recevront une date précise de fin de validité de leur document d’autorisation de travail (EAD). Les employeurs qui ne mettraient pas à jour les I-9 dans les délais s’exposent à des amendes civiles pouvant atteindre 2 507 dollars par infraction. Enfin, les équipes de mobilité internationale devront informer les dirigeants des risques de retombées négatives en termes d’image publique en cas de licenciements massifs de travailleurs TPS en contact direct avec la clientèle. Sur le plan politique, les propos de Mullin annoncent une stratégie plus large de l’administration visant à restreindre les programmes humanitaires au profit d’une immigration basée sur l’emploi. Les observateurs s’attendent à ce que le DHS publie cet automne une proposition de réglementation durcissant les critères pour les nouvelles désignations TPS et exigeant des candidats qu’ils prouvent qu’ils ne deviendront pas une « charge publique ». Si cette règle est adoptée, elle limitera davantage les voies d’accès pour les migrants à faibles revenus tout en augmentant la demande pour les visas parrainés par les employeurs, tels que les H-2B et EB-3.
Source : Reuters via The Business Standard
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