
Présentant les données semestrielles le 7 juillet, le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi a annoncé que seulement 14 566 migrants en situation irrégulière ont atteint les côtes italiennes entre janvier et juin 2026, contre 31 113 sur la même période en 2025, soit une baisse de 54 %. Les principaux groupes provenaient du Bangladesh, de Somalie, du Soudan et du Pakistan, tandis que le nombre de mineurs non accompagnés a chuté à 2 815 contre 5 587 d’une année sur l’autre. Les retours forcés ont également diminué (3 006 contre 3 856), bien que les retours volontaires assistés aient augmenté à 619. Piantedosi a attribué cette baisse à l’intensification des patrouilles en mer, à la mise en place de procédures accélérées d’examen des demandes d’asile dans de nouvelles structures, ainsi qu’au futur « modèle Albanie », avec deux centres d’accueil offshore financés par Rome qui seront pleinement opérationnels d’ici la fin de l’année. Il a appelé l’UE à reproduire ce dispositif, malgré les recours juridiques en cours, arguant que le traitement des demandes en dehors des eaux Schengen dissuade les passeurs. Pour les équipes en mobilité internationale, ces chiffres sont importants car la baisse des arrivées par bateau réduit la pression politique, qui peut se traduire par un renforcement des contrôles aux frontières et un ralentissement de la délivrance des permis de travail. Cependant, les ONG alertent que ce recul pourrait résulter d’un déplacement des routes plus risquées du centre de la Méditerranée vers l’ouest, en direction de l’Espagne. Les entreprises envoyant du personnel en Afrique du Nord et dans les Balkans doivent surveiller ces externalités: certains corridors auparavant « sûrs » pourraient connaître une recrudescence des contrôles policiers. Le ministère de l’Intérieur publiera les statistiques complètes du troisième trimestre en octobre; les acteurs de la mobilité doivent rester attentifs à l’évolution des conditions maritimes estivales qui pourraient inverser la tendance. Une reprise des arrivées relancerait le débat sur les dispositifs d’embauche basés sur des quotas en Italie, alors même que les entreprises se préparent à la fenêtre de visas « click-day » de 2026.
Source : VOL.at