
Les nouvelles données du ministère de l’Intérieur publiées le 14 septembre révèlent que 21 393 personnes ont atteint les côtes italiennes par la mer depuis le 1er janvier, soit une légère hausse par rapport à la même période l’an dernier, malgré un renforcement de la surveillance en Méditerranée centrale. Parmi ces arrivées, 19,6 % (4 194 individus) sont des mineurs non accompagnés, soulignant le défi croissant de protection pour les autorités régionales déjà confrontées à une capacité d’hébergement limitée. Le Bangladesh reste le principal pays d’origine (5 424 arrivées), suivi par la Somalie, l’Algérie, le Soudan et le Pakistan. Les ONG de secours attribuent la diversification des routes à la répression accrue en Libye et en Tunisie, qui pousse les passeurs à embarquer depuis l’Algérie et même des ports sous contrôle syrien. La taille moyenne des embarcations est désormais de 58 personnes, contre 42 en 2025, reflétant la stratégie des passeurs visant à compenser les risques d’interception par des économies d’échelle. Pour l’écosystème de la mobilité internationale en Italie, ces chiffres sont cruciaux car ils alimentent directement les débats politiques sur les quotas de visas (décreto flussi) et les retards dans la délivrance des permis de séjour. Les fédérations patronales de l’agriculture et de l’hôtellerie soutiennent qu’élargir les voies légales d’accès au travail réduirait les flux irréguliers, tandis que les ONG rétorquent que les lourdeurs administratives dissuadent les travailleurs saisonniers potentiels de recourir aux programmes officiels. Concrètement, les entreprises employant des ressortissants de pays tiers doivent s’attendre à des contrôles plus stricts lors du renouvellement des permis de séjour, les préfectures renforçant la lutte contre la fraude. Les services RH sont invités à prendre rendez-vous bien avant l’expiration des permis actuels et à suivre les prochaines directives du ministère du Travail, qui lieront les quotas de flussi aux données régionales sur les pénuries de main-d’œuvre. Au niveau européen, ces chiffres alimenteront la formule de répartition des charges du Règlement sur la gestion de l’asile et des migrations, dont le premier test trimestriel est prévu en octobre. La concrétisation de nouveaux engagements de relocalisation pourrait influencer la volonté de l’Italie de lever les restrictions actuelles de Schengen, y compris les contrôles récemment prolongés sur les voyageurs en provenance d’Espagne.
Source : AgenSIR