
Les autorités belges étendent discrètement le dispositif numérique de contrôle de tous les voyageurs franchissant les frontières du pays, que ce soit par air, mer, route ou rail. Le Centre national de ciblage des voyages (NTTC) – un pôle conjoint police, douanes et renseignement qui gère l’Unité belge d’information passagers (BelPIU) – vient de publier son rapport d’activité 2025. Selon les données, les agents ont analysé 39,6 millions de déplacements individuels l’an dernier, soit une hausse de 9 % par rapport à 2024, après l’intégration des opérateurs de bus internationaux à mi-2025. Ces contrôles basés sur l’évaluation des risques ont déclenché 4 087 alertes transmises aux services de terrain. Dans 313 cas, ces alertes ont conduit à une arrestation, un interrogatoire sur place ou une détention; 80 personnes ont finalement été placées en garde à vue. Plus de la moitié des arrestations (42) concernaient le trafic de drogue, suivies par le crime organisé (17), les enlèvements parentaux (8), les homicides ou agressions graves (6), la traite des êtres humains (4), le terrorisme (2) et l’extrémisme violent (1). Les contrôles douaniers liés aux alertes BelPIU ont permis la saisie de 2,1 tonnes de stupéfiants – principalement du qat et du cannabis – ainsi que des milliers de cigarettes illicites et 172 000 € d’or non déclaré dissimulé dans les chaussures des passagers. Créée en 2018 pour traiter les données des dossiers passagers (PNR) des compagnies aériennes, la BelPIU a vu son champ d’action s’élargir progressivement, conformément à la directive européenne PNR et aux accords bilatéraux de sécurité. Les chiffres 2025 intègrent pour la première fois les voyages en autocar internationaux; les données ferroviaires devraient être ajoutées avec la mise en service prévue de la liaison à grande vitesse Bruxelles-Amsterdam fin 2026. Les responsables affirment que le centre est devenu un « modèle » pour d’autres États membres de l’UE et échange désormais des alertes en temps réel avec 16 partenaires. Pour les entreprises gérant des programmes d’expatriation ou de fidélisation des voyageurs fréquents, ce rapport rappelle que les agences frontalières belges ont une visibilité quasi instantanée sur les modifications d’itinéraires, les choix de sièges et même les détails de paiement. Les voyageurs signalés par un service de sécurité étranger peuvent être interceptés à l’aéroport de Bruxelles ou lors d’un contrôle transfrontalier en bus – une réalité de plus en plus fréquente pour les salariés arrivant par transport terrestre low-cost. Les employeurs doivent s’assurer que les données des employés dans les systèmes de réservation sont exactes et que le personnel comprend que même de petites infractions peuvent entraîner un contrôle secondaire ou une détention. Du point de vue de la protection de la vie privée, les associations de la société civile s’interrogent déjà sur la proportionnalité de la conservation massive des données, d’autant plus que le futur Système d’entrée/sortie (EES) de l’UE et la couche d’autorisation ETIAS généreront encore plus de données biométriques à partir du 10 avril 2026. Les responsables mobilité RH doivent suivre ces évolutions, mettre à jour les politiques de gestion des risques liés aux voyages et informer les voyageurs sur leurs droits et obligations aux frontières.
Source : The Brussels Times
Comment VisaHQ peut vous aider
VisaHQ simplifie la demande de visa pour les particuliers et les entreprises. Consultez les exigences de voyage en vigueur, préparez les documents nécessaires et gérez votre demande en ligne via le portail VisaHQ Belgique.Plus de Belgique
Voir tout
Le Conseil de l'Europe prépare une déclaration de la CEDH axée sur la migration ; les organismes belges de défense des droits tirent la sonnette d'alarme
Travaux de Pâques : Quatre lignes de métro bruxellois perturbées — Prévoyez vos transferts vers l’aéroport en conséquence