
Le Département d’État américain a décidé de transformer son expérimentation controversée de caution pour les visas de visiteur en une exigence permanente, tout en augmentant considérablement les enjeux pour les voyageurs potentiels. Selon un projet d’avis publié au Registre fédéral vendredi 31 juillet au soir, ce dispositif pilote — lancé en août 2024 pour dissuader les visiteurs de court séjour de dépasser la durée de leur visa — deviendra désormais une mesure permanente de la politique américaine des visas à partir de lundi.
Les agents consulaires continueront de cibler les ressortissants d’environ 50 pays « à fort taux de dépassement de séjour », principalement situés en Afrique subsaharienne et dans certaines régions des Caraïbes, en conditionnant la délivrance des visas B-1/B-2 (affaires et tourisme) au paiement d’une caution remboursable. Selon la règle finale, le montant maximal de la caution passe de 15 000 $ à 20 000 $, tandis que l’option inférieure à 5 000 $ utilisée durant la phase pilote est supprimée; les seules options seront désormais 10 000 $ ou 20 000 $, fixées à la discrétion de l’agent en fonction du risque perçu de dépassement et du profil socio-économique du demandeur.
Le Département justifie cette mesure en soulignant que les données issues des 22 mois d’essai ont montré une baisse de 83 % des dépassements de séjour parmi les ressortissants des pays concernés, ainsi qu’une réduction de 4 millions de dollars des coûts liés à l’application des règles. Cependant, les défenseurs des droits des immigrés dénoncent ces chiffres, arguant que près de la moitié des candidats ciblés ont simplement renoncé à leurs projets de visite aux États-Unis face à cette caution, ce qui freine les déplacements légitimes pour raisons familiales, d’études ou professionnelles.
Pour les entreprises américaines, cette règle permanente aura des conséquences opérationnelles concrètes. Les cadres ayant des fournisseurs ou clients dans des pays comme le Nigeria, l’Ouganda, le Cameroun ou la République démocratique du Congo devront probablement avancer des frais de voyage plus importants ou déplacer leurs réunions à l’étranger. Les organisateurs de salons professionnels à Las Vegas et Orlando ont déjà constaté une forte baisse de la participation des délégués africains, les poussant à se tourner vers des acheteurs européens et asiatiques. Les entreprises qui invitent régulièrement des techniciens pour des interventions de courte durée pourraient devoir recourir à la maintenance à distance ou à des visas de travail plus complexes.
Cette règle accentue également une fracture Nord-Sud croissante dans la politique américaine de mobilité. Alors que Washington accélère le traitement des visiteurs en provenance du Canada et de plusieurs pays européens, il impose simultanément des mécanismes de conformité coûteux aux pays plus pauvres. Les critiques avertissent que cette mesure pourrait entraîner des représailles; un haut responsable kényan a suggéré que Nairobi pourrait instaurer des frais de « mise à niveau du risque » pour les détenteurs de passeports américains si la mesure n’est pas annulée.
Concrètement, les entreprises doivent mettre à jour leurs lettres d’invitation pour refléter le montant accru de la caution, prévoir des dépôts en espèces lors de la réservation des voyages pour les visiteurs des 50 pays concernés, et surveiller le Registre fédéral pour toute modification de la liste des pays soumis à la caution. Les équipes RH en charge de la mobilité doivent aussi coordonner avec les services fiscaux et de paie: si l’entreprise paie la caution, ce montant pourrait être considéré comme un revenu imposable pour le visiteur, sauf s’il est remboursé à la sortie du territoire.
À plus long terme, les lobbyistes du secteur du voyage et de l’événementiel devraient pousser le Congrès à plafonner la caution ou à la lier à des critères objectifs de dépassement de séjour, plutôt qu’à des désignations basées sur la nationalité.
Les agents consulaires continueront de cibler les ressortissants d’environ 50 pays « à fort taux de dépassement de séjour », principalement situés en Afrique subsaharienne et dans certaines régions des Caraïbes, en conditionnant la délivrance des visas B-1/B-2 (affaires et tourisme) au paiement d’une caution remboursable. Selon la règle finale, le montant maximal de la caution passe de 15 000 $ à 20 000 $, tandis que l’option inférieure à 5 000 $ utilisée durant la phase pilote est supprimée; les seules options seront désormais 10 000 $ ou 20 000 $, fixées à la discrétion de l’agent en fonction du risque perçu de dépassement et du profil socio-économique du demandeur.
Le Département justifie cette mesure en soulignant que les données issues des 22 mois d’essai ont montré une baisse de 83 % des dépassements de séjour parmi les ressortissants des pays concernés, ainsi qu’une réduction de 4 millions de dollars des coûts liés à l’application des règles. Cependant, les défenseurs des droits des immigrés dénoncent ces chiffres, arguant que près de la moitié des candidats ciblés ont simplement renoncé à leurs projets de visite aux États-Unis face à cette caution, ce qui freine les déplacements légitimes pour raisons familiales, d’études ou professionnelles.
Pour les entreprises américaines, cette règle permanente aura des conséquences opérationnelles concrètes. Les cadres ayant des fournisseurs ou clients dans des pays comme le Nigeria, l’Ouganda, le Cameroun ou la République démocratique du Congo devront probablement avancer des frais de voyage plus importants ou déplacer leurs réunions à l’étranger. Les organisateurs de salons professionnels à Las Vegas et Orlando ont déjà constaté une forte baisse de la participation des délégués africains, les poussant à se tourner vers des acheteurs européens et asiatiques. Les entreprises qui invitent régulièrement des techniciens pour des interventions de courte durée pourraient devoir recourir à la maintenance à distance ou à des visas de travail plus complexes.
Cette règle accentue également une fracture Nord-Sud croissante dans la politique américaine de mobilité. Alors que Washington accélère le traitement des visiteurs en provenance du Canada et de plusieurs pays européens, il impose simultanément des mécanismes de conformité coûteux aux pays plus pauvres. Les critiques avertissent que cette mesure pourrait entraîner des représailles; un haut responsable kényan a suggéré que Nairobi pourrait instaurer des frais de « mise à niveau du risque » pour les détenteurs de passeports américains si la mesure n’est pas annulée.
Concrètement, les entreprises doivent mettre à jour leurs lettres d’invitation pour refléter le montant accru de la caution, prévoir des dépôts en espèces lors de la réservation des voyages pour les visiteurs des 50 pays concernés, et surveiller le Registre fédéral pour toute modification de la liste des pays soumis à la caution. Les équipes RH en charge de la mobilité doivent aussi coordonner avec les services fiscaux et de paie: si l’entreprise paie la caution, ce montant pourrait être considéré comme un revenu imposable pour le visiteur, sauf s’il est remboursé à la sortie du territoire.
À plus long terme, les lobbyistes du secteur du voyage et de l’événementiel devraient pousser le Congrès à plafonner la caution ou à la lier à des critères objectifs de dépassement de séjour, plutôt qu’à des désignations basées sur la nationalité.
Source : Associated Press
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