
La Commission européenne a discrètement publié de nouvelles directives le 27 juillet, précisant qui est—et qui n’est pas—exempté du nouveau Système d’Entrée/Sortie (EES) de l’UE. Depuis la mise en service de cette plateforme biométrique de contrôle aux frontières le 10 avril, les voyageurs hors UE ont vécu des expériences variées, les autorités ajustant la technologie. Cette mise à jour concerne des milliers de salariés internationaux basés en Irlande, titulaires de permis de séjour irlandais ou de visas de long séjour « D », mais qui transitent régulièrement par des hubs continentaux pour le travail. Selon ces directives, les détenteurs de permis de séjour ou de visas de long séjour délivrés par l’Irlande (et Chypre) seront enregistrés dans l’EES à chaque passage d’une frontière extérieure de l’espace Schengen—même si l’Irlande ne fait pas partie de Schengen. En revanche, les ressortissants de l’UE et les membres de leur famille non-UE munis de cartes de séjour délivrées par l’UE restent exemptés. La Commission justifie cette distinction pour suivre précisément les droits de court séjour et éviter les « dépassements » entre la zone de voyage commune et l’espace Schengen. Pour les responsables mobilité, la recommandation pratique est claire: prévoir plus de temps dans les itinéraires. Les voyageurs munis de cartes irlandaises doivent s’attendre à fournir empreintes digitales et images faciales lors de leur première utilisation, les passages suivants aux portiques automatiques s’appuyant sur ces données. Des aéroports comme Amsterdam Schiphol et Paris Charles-de-Gaulle disposent de bornes EES dédiées, mais aux frontières terrestres (par exemple, les gares TGV françaises), des files d’attente pouvant atteindre 45 minutes aux heures de pointe ont été signalées. Les équipes en charge de la protection des données doivent aussi informer les employés: le système conserve les données biométriques et l’historique des voyages pendant trois ans après la dernière sortie, prolongés à cinq ans en cas d’alerte pour dépassement de séjour. Les entreprises déplaçant du personnel entre l’Irlande et les bureaux de l’UE disposent ainsi d’un nouveau point de conformité pour calculer les droits de séjour 90/180 jours dans Schengen. Une mauvaise prise en compte des jours EES pourrait entraîner un refus d’embarquement ou une amende lors de voyages futurs. Les organisations irlandaises du secteur du voyage ont salué cette clarification, tout en appelant l’aéroport de Dublin à accélérer la modernisation de ses portiques électroniques afin d’éviter aux passagers en correspondance une double capture biométrique. Le ministère de la Justice a indiqué être « en discussions continues avec les partenaires de l’UE » sans toutefois donner de calendrier pour la reconnaissance réciproque des données biométriques collectées en Irlande. En attendant, les titulaires de permis de séjour irlandais devront patienter dans la file EES comme tout autre ressortissant de pays tiers.