
Une nouvelle série de négociations au sein du « kern » belge (le comité restreint du gouvernement) s’est achevée ce week-end sans accord sur l’octroi de visas d’études à 13 étudiants palestiniens de la bande de Gaza, tous bénéficiaires de bourses couvrant la totalité des frais de scolarité dans des universités belges. Le parti nationaliste flamand N-VA du Premier ministre Bart De Wever et son partenaire libéral francophone MR continuent de bloquer le compromis proposé par le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, invoquant la crainte que ces étudiants ne demandent ensuite l’asile ou le regroupement familial une fois en Belgique. Les trois autres partenaires de la coalition — Vooruit, Les Engagés et CD&V — soutiennent l’octroi des visas pour des raisons humanitaires et académiques. Ce blocage laisse les étudiants coincés dans une Gaza dévastée par la guerre, alors que l’année universitaire a déjà commencé en Belgique. Les recteurs des dix universités belges ont publié une déclaration commune inhabituelle, dénonçant ce « marchandage politique » qui traite ces étudiants comme de simples « variables d’ajustement » dans les débats migratoires. Ils alertent sur le risque pour des projets de recherche en ingénierie, santé publique et énergie verte, financés par des subventions européennes Horizon, car les doctorants ne peuvent pas rejoindre leurs postes. Sur le plan légal, la Belgique pourrait délivrer des visas humanitaires de type D et organiser la sortie des étudiants de Gaza via le mécanisme de liaison israélien (COGAT), déjà utilisé cette année par plusieurs États membres de l’UE pour évacuer étudiants et patients. Pourtant, la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), affirme que ce cas créerait un « effet domino » et compromettrait sa promesse d’appliquer « la politique migratoire la plus stricte jamais vue ». Le différend s’est en outre mêlé aux difficiles négociations budgétaires: le MR aurait conditionné son soutien aux visas à un durcissement des mesures de retour pour les demandeurs d’asile afghans déboutés. À l’approche de la date limite budgétaire du 15 octobre et alors que les syndicats du secteur public multiplient les grèves, les observateurs craignent que cette impasse ne ternisse la réputation internationale de la Belgique en matière d’ouverture académique et ne mette en péril les futurs partenariats Erasmus+ et Horizon Europe. Les multinationales finançant des projets de doctorat préviennent que les retards d’arrivée affecteront les calendriers de R&D et les plans de relocalisation du personnel accompagnant. Pour les responsables de la mobilité internationale, cet épisode illustre à quel point la politique intérieure peut rapidement bouleverser même des programmes de bourses ou de transferts intra-entreprises bien financés. Les organisations doivent prévoir des plans de secours — comme des inscriptions à distance ou des placements temporaires dans des pays tiers — lorsque leurs flux de talents dépendent de décisions de visa politiquement sensibles.
Source : The Brussels Times
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