
Les Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) ont annoncé la reprise du traitement des demandes d’asile, de carte verte et de permis de travail pour les ressortissants de 39 pays soumis à une interdiction de voyage, après qu’un juge fédéral ait vivement critiqué l’agence pour avoir ignoré son ordre du 5 juin de relancer ces procédures. Le « gel des prestations » initial, instauré en décembre dernier suite à une attaque d’un tireur afghan ayant tué un membre de la Garde nationale, avait bloqué des milliers de dossiers, laissant employés et familles dans une incertitude juridique. Le juge John J. McConnell Jr. a jugé cette politique arbitraire et illégale; face à l’inaction de l’USCIS, il a publié un rappel ferme, affirmant « Il n’y a aucune excuse cette fois ». Dans un communiqué tardif le 12 juin, l’USCIS a confirmé sa conformité et annoncé la diffusion de nouvelles consignes à tous les agents chargés des décisions. Le ministère de la Justice a fait appel et pourrait demander une suspension, mais le traitement doit reprendre immédiatement sauf intervention des juridictions supérieures. Les employeurs ayant placé les salariés concernés en congé sans solde peuvent désormais réactiver leurs autorisations de travail, bien que les avocats préviennent que les retards accumulés et les manques de personnel pourraient retarder les effets concrets de plusieurs semaines. Cet épisode illustre la montée des contestations juridiques contre les mesures exécutives larges invoquant la sécurité nationale pour restreindre l’immigration légale. Les organisations patronales, dont la Chambre de commerce des États-Unis, ont salué cette reprise, soulignant que de nombreux candidats bloqués sont des diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) ainsi que des professionnels de santé essentiels à des secteurs clés. Les syndicats impliqués dans le procès estiment que plus de 120 000 personnes ont été affectées par ce gel, dont 8 000 infirmiers recrutés par des hôpitaux américains. À l’avenir, les entreprises doivent vérifier si leurs dossiers en attente portent la mention « suspension liée à l’interdiction de voyage » et, le cas échéant, préparer des relances accélérées dès la publication des directives officielles par l’USCIS. Les avocats des plaignants demandent également une supervision judiciaire pour éviter que l’agence ne ralentisse de manière tacite le traitement. Les équipes RH sont invitées à élaborer des plans de contingence au cas où la Cour d’appel du premier circuit accorderait une suspension temporaire à l’administration.
Source : The Washington Post
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