
Après plus d’un demi-siècle en tant que symbole de tensions politiques, la clôture de 1,2 kilomètre qui marque la frontière terrestre entre l’Espagne et Gibraltar disparaîtra le 15 juillet prochain. Selon les informations publiées le 11 juillet, les autorités espagnoles et gibraltariennes ont finalisé le plan opérationnel qui transférera les contrôles de passeports du passage terrestre vers le port et l’aéroport de Gibraltar. Dès la semaine prochaine, les voyageurs pourront traverser librement l’isthme en voiture ou à pied pour la première fois depuis les années 1950, tandis que les contrôles conjoints espagnols et gibraltariennes (et donc européens) se feront désormais aux points d’entrée aériens et maritimes. Ce changement est la première conséquence visible du traité UE-Royaume-Uni sur Gibraltar conclu en février 2026. Selon cet accord, Gibraltar rejoint l’espace Schengen en tout sauf en nom: les règles Schengen s’appliqueront, des agents Frontex épauleront la police espagnole pour les contrôles migratoires, et le territoire s’alignera sur la réglementation douanière européenne pour les marchandises. Concrètement, cela signifie une mobilité sans frontières pour les 15 000 travailleurs frontaliers espagnols et pour les millions de touristes qui combinent la Costa del Sol avec une excursion d’une journée sur « le Rocher ».
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Pour les entreprises organisant des navettes ou des excursions en autocar, la disparition des files d’attente interminables, parfois longues de plusieurs heures, change la donne. Les associations professionnelles de La Línea, voisine de Gibraltar, estiment que le temps de travail perdu aux contrôles a coûté plus de 70 millions d’euros par an à l’économie du Campo de Gibraltar. Les hôteliers des deux côtés s’attendent également à des séjours plus longs, les excursionnistes n’ayant plus la crainte d’être bloqués dans les embouteillages. Les entreprises devront toutefois revoir leurs procédures documentaires. Bien que les véhicules ne soient plus contrôlés à la clôture, les passagers entrant à Gibraltar par voie terrestre se trouveront techniquement dans le territoire douanier de l’UE et devront respecter les limites de séjour Schengen. Les voyageurs hors UE devront s’enregistrer via le Système Entrée/Sortie (EES) de l’UE, installé à l’aéroport et au port de Gibraltar; des bornes biométriques sont déjà en place. Les opérateurs logistiques ressentiront également l’impact à partir du 15 juillet. Les marchandises européennes entrant à Gibraltar circuleront sous une nouvelle déclaration électronique de transit T2GI, tandis que les exportateurs espagnols devront s’enregistrer sur la plateforme douanière ASYCUDA de Gibraltar. Madrid et Londres ont prévu une période de transition de six mois durant laquelle des équipes douanières mixtes espagnoles et gibraltariennes pourront effectuer des contrôles ponctuels pour ajuster le système.
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