
Dans un avis de proposition de réglementation publié le 14 septembre, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a proposé d’ajouter des frais astronomiques de 103 265 dollars US à chaque demande H-1B comptabilisée dans le quota annuel — que ce soit pour les 65 000 places régulières ou les 20 000 exemptions pour diplômes avancés. Ces frais s’ajouteraient à tous les frais actuels de l’USCIS ainsi qu’à tout paiement requis en vertu de la Proclamation présidentielle 10973, ce qui pourrait faire grimper le coût total de dépôt à plus de 200 000 dollars par travailleur si cette proclamation est prolongée. Le DHS présente cette surtaxe comme un mécanisme de récupération des coûts pour la gestion du système d’immigration, mais les groupes patronaux l’ont immédiatement dénoncée comme une « taxe sur les talents » de fait, qui exclurait du tirage au sort H-1B toutes les entreprises sauf les plus grandes. Avec les probabilités actuelles de sélection, une entreprise technologique de taille moyenne déposant douze dossiers pourrait faire face à un risque financier à sept chiffres pour l’exercice 2027. Les avocats spécialisés en immigration prévoient que les employeurs déposeront beaucoup moins de candidatures, ce qui réduira le volume du tirage au sort et pourrait améliorer les chances de sélection pour ceux qui restent — tout en limitant sévèrement les opportunités pour les nouveaux diplômés étrangers des universités américaines. L’avis de proposition ne prévoit qu’une période de consultation publique de 30 jours — un délai exceptionnellement court pour une règle d’une telle ampleur — qui se termine le 24 septembre. Le DHS indique vouloir mettre en place ces frais avant le cycle d’enregistrement du quota de mars 2027. Un contentieux est quasi certain: la Chambre de commerce et les associations de services informatiques préparent des recours arguant que ces frais dépassent l’autorité légale et sont arbitraires compte tenu des revenus déjà perçus par le Service. Les impacts pratiques pourraient être considérables pour les programmes de mobilité. Les employeurs dépendant des embauches sous quota H-1B devront revoir leurs processus de recrutement, privilégier les stratégies exemptées de quota via des partenariats universitaires et potentiellement délocaliser des effectifs à l’étranger. Les équipes de rémunération devront budgéter des coûts d’immigration à six chiffres par nouvelle embauche, et les responsables de la mobilité pourraient voir une hausse de la demande pour des affectations au Canada ou au Mexique, où les coûts de permis de travail restent modestes. Jusqu’à la publication d’une règle finale, les frais actuels restent en vigueur. Les responsables RH doivent néanmoins modéliser leur exposition financière, informer les parties prenantes financières et préparer leurs commentaires pour le dossier de consultation avant la date limite du 24 septembre.
Source : I-9 Intelligence
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