
Dans une affaire suivie de près par les universités, les employeurs multinationaux et les organisations de la société civile, la Cour suprême fédérale du Brésil (STF) a confirmé le 9 octobre qu’elle examinera les arguments concernant l’éligibilité des migrants étrangers et des réfugiés résidant au Brésil aux bourses du Programme Université pour Tous (ProUni). Le recours (Thème 1476) conteste une disposition de la loi 11.096/2005 qui limite ces bourses très prisées aux seuls citoyens brésiliens et aux résidents naturalisés. Les requérants soutiennent que cette exigence de nationalité viole les garanties constitutionnelles d’égalité ainsi que la loi brésilienne sur la migration de 2017, qui interdit toute discrimination fondée sur l’origine. Bien que l’affaire ait été inscrite au rôle le 6 octobre, la Cour a mis à jour son calendrier le 9 octobre en reconnaissant formellement la « répercussion générale ». Cette qualification signifie que la décision finale s’imposera automatiquement aux juridictions inférieures et à toutes les universités publiques. Selon le rapporteur de l’affaire, le juge Edson Fachin, un jugement est nécessaire pour harmoniser la politique éducative brésilienne avec ses engagements en matière de droits humains et son rôle croissant comme destination pour les migrants vénézuéliens, haïtiens et d’autres pays de la région. Si la Cour annule la clause de nationalité, environ 400 000 migrants en situation régulière et réfugiés reconnus pourraient devenir éligibles aux bourses couvrant la totalité des frais de scolarité dès l’année universitaire 2027. Les universités publiques et les établissements privés participant à ProUni devront alors mettre à jour leurs plateformes d’admission, adapter leurs procédures de conformité et former leur personnel à la vérification du statut migratoire des candidats. Les grands employeurs qui remboursent les frais d’études des expatriés pourraient également réaliser des économies, car davantage de membres de familles expatriées pourraient bénéficier du programme public. En revanche, si la Cour maintient la restriction, les institutions conserveront le statu quo, mais la décision pourrait être contestée devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme, prolongeant ainsi l’incertitude. Dans tous les cas, les responsables de la mobilité internationale doivent se préparer à répondre aux questions des employés étrangers actuellement inscrits ou envisageant d’étudier au Brésil, et suivre les directives attendues du ministère de l’Éducation une fois le jugement publié. Pour l’instant, la STF a ouvert une période de 15 jours pour le dépôt de mémoires d’amicus curiae. Les parties prenantes — en particulier les multinationales finançant la formation de leurs employés — pourraient souhaiter intervenir afin que les réalités opérationnelles soient prises en compte dans la décision finale.
Source : Supremo Tribunal Federal
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