
S’exprimant devant la presse à Washington, quelques heures seulement après que l’UE a dévoilé son projet d’étendre le statut de membre associé au Canada, le président américain Donald Trump a qualifié cette initiative d’« acte hostile » et a averti qu’il est prêt à imposer des droits de douane « très lourds » sur les produits européens si le bloc poursuit son plan. Trump a accusé Bruxelles et Ottawa de chercher à « exclure » les États-Unis des flux de talents et des opportunités liées aux chaînes d’approvisionnement qui découleraient d’une libre circulation entre le Canada et l’Europe. La Maison-Blanche n’a pas précisé quels produits pourraient être visés, mais des experts en commerce soulignent que les précédents tarifs de Trump ont souvent touché les pièces automobiles, les sous-ensembles aéronautiques et les exportations agricoles — des secteurs fortement dépendants de la mobilité transfrontalière des ingénieurs, auditeurs et responsables qualité. En cas de nouvelles taxes, les multinationales basées aux États-Unis pourraient être contraintes de déplacer certains programmes de mobilité vers le Canada ou l’Europe afin d’éviter des règles complexes de réexportation. Les autorités canadiennes ont répondu avec diplomatie, insistant sur le fait que le statut de membre associé « ne vise aucun partenaire en particulier » et rappelant que le Canada reste le principal marché d’exportation de biens des États-Unis. Néanmoins, les responsables de la mobilité se préparent à des répercussions en chaîne: contrôles douaniers américains renforcés, examen plus strict des visas professionnels NAFTA/USMCA et possibles ralentissements dans le renouvellement des permis de travail pour les Canadiens basés aux États-Unis. Les entreprises mondiales opérant sur trois continents — Amérique du Nord, Europe et Asie — font désormais face à un choix stratégique. Nombre d’entre elles accélèrent leurs plans de contingence, modélisant des scénarios où les talents circuleraient via les corridors Toronto-Heathrow ou Montréal-Frankfurt plutôt que par les traditionnels liens Detroit-Chicago. Les consultants en gestion des risques liés aux déplacements avertissent également que la seule rhétorique peut refroidir les voyages d’affaires non essentiels si les cadres craignent d’être pris dans des tensions politiques à la frontière. Si des mesures concrètes mettront plusieurs semaines à se concrétiser, cet épisode illustre comment les tensions géopolitiques peuvent impacter la mobilité au quotidien. Les équipes RH sont invitées à auditer les schémas actuels de déplacement, à identifier les collaborateurs dépendant des visas américains de type E et L, et à s’entraîner à rediriger rapidement les missions de courte durée en cas d’escalade imprévue des négociations tarifaires.
Source : Associated Press