
Le décret royal 855/2026, approuvant le premier Statut global des étudiants universitaires en Espagne, est entré en vigueur le 23 octobre, après sa publication au BOE la veille. Présenté comme une réforme académique, plusieurs de ses dispositions impactent directement la mobilité internationale en codifiant les garanties de résidence, de stages et de bien-être pour plus de 300 000 étudiants étrangers dans le pays. Les points clés sont: (1) la reconnaissance explicite du droit des étudiants étrangers à effectuer des stages rémunérés dans le cadre du cursus, aux mêmes conditions que les ressortissants espagnols; (2) l’obligation pour les universités de fournir les documents nécessaires au visa dans un délai de 15 jours après l’inscription, mettant fin au système de lettres ad hoc qui retardait souvent le renouvellement des permis de séjour; (3) la nomination obligatoire, dans chaque université publique, d’un Médiateur de la mobilité internationale chargé de faire le lien avec les services de police spécialisés en extranjería au nom des étudiants; et (4) l’engagement à publier des inventaires transparents des logements, un enjeu crucial dans des marchés locatifs tendus comme Madrid et Barcelone. Ce décret s’inscrit dans la continuité de la réforme de la réglementation migratoire espagnole de 2024 (RD 1155/2024), qui a instauré un permis de recherche d’emploi post-études en ligne. Ensemble, ces mesures visent à renforcer l’attractivité de l’Espagne face à l’Allemagne, la France et les Pays-Bas pour attirer les talents dans les filières STEM et numériques. Les universités doivent s’adapter rapidement: le statut leur accorde six mois pour mettre en place des guichets uniques de mobilité et numériser les certificats d’inscription compatibles avec la plateforme policière Mercurio. Les conseillers juridiques recommandent aux établissements d’auditer leurs procédures actuelles afin que les étudiants hors UE puissent renouveler leurs cartes de séjour sans interruption — une faille qui entraîne désormais des expirations automatiques dans le Système d’Entrée/Sortie Schengen. Pour les employeurs multinationales, ce statut élargit le vivier d’étudiants pouvant effectuer légalement des stages rémunérés jusqu’à 30 heures par semaine, un avantage pour des secteurs comme l’aérospatial en Andalousie ou la fintech à Valence. Les équipes RH doivent toutefois mettre à jour les conventions de stage pour intégrer ces nouvelles règles et s’assurer que les offres salariales respectent les minima légaux définis dans les accords collectifs correspondants.
Source : Boletín Oficial del Estado