
Chypre a passé la majeure partie de la dernière décennie au cœur du débat européen sur la migration, traitant plus de demandes d’asile par habitant que tout autre État membre de l’UE. Lors du Forum de Chypre à Nicosie, le 29 septembre, le vice-ministre de la Migration, Nicholas Ioannides, a soutenu que le nouveau Pacte sur la migration et l’asile, récemment adopté par le bloc, pourrait enfin offrir un répit à l’île — à condition que les autres États membres respectent la solidarité promise.
Selon ce pacte, les pays confrontés à un afflux disproportionné peuvent solliciter une aide sous forme de réinstallations, de soutien financier ou d’assistance opérationnelle. Chypre, officiellement reconnue par la Commission européenne comme « sous pression migratoire », a choisi la réinstallation. Concrètement, cela signifie que les demandeurs d’asile éligibles seraient transférés de Chypre vers des États partenaires volontaires, ce qui allégerait la surcharge du centre d’accueil de Pournara et réduirait les délais d’attente pour les décisions de statut. Ioannides a insisté sur le fait que sans un partage rapide et prévisible des charges, « les règles sur le papier resteront lettre morte ».
Parallèlement, Nicosie souhaite ouvrir des voies légales pour les travailleurs qui arrivent actuellement de manière irrégulière et déposent des demandes d’asile infondées. Des accords de mobilité professionnelle avec l’Égypte (signés en 2024) et un accord presque finalisé avec l’Inde visent à orienter les migrants potentiels vers des secteurs où les employeurs chypriotes font face à de graves pénuries. Les entreprises pourraient ainsi accéder à du personnel sélectionné, sous permis temporaires, tandis que les autorités pourraient réaffecter leurs ressources, libérées du traitement des demandes manifestement infondées.
Le vice-ministre a reconnu les risques évidents: une application insuffisante pourrait exposer les travailleurs étrangers à l’exploitation et faire baisser les salaires locaux; une intégration incomplète pourrait alimenter les tensions sociales. Pour limiter ces dangers, Chypre a adopté en février 2026 sa première Stratégie nationale d’intégration et promet un renforcement des contrôles sur les lieux de travail.
Les retours resteront également essentiels — plus de 75 % sont actuellement volontaires — mais Ioannides a souligné que les expulsions « ne peuvent pas être le seul outil ».
Pour les multinationales et les gestionnaires de mobilité, le message est double. À court terme, les contraintes de capacité du système d’asile chypriote pourraient s’alléger si les réinstallations se concrétisent, réduisant les retards qui affectent le personnel sous visas humanitaires ou de dépendants. À moyen terme, les corridors bilatéraux de permis de travail pourraient élargir le vivier de talents — notamment dans la construction, l’hôtellerie et l’agroalimentaire — mais les équipes RH devront suivre l’évolution des règles de conformité et des obligations d’intégration.
En définitive, l’impact du pacte dépendra de la capacité des partenaires de l’UE à transformer leurs engagements de solidarité en vols charters au départ de Larnaca.
Selon ce pacte, les pays confrontés à un afflux disproportionné peuvent solliciter une aide sous forme de réinstallations, de soutien financier ou d’assistance opérationnelle. Chypre, officiellement reconnue par la Commission européenne comme « sous pression migratoire », a choisi la réinstallation. Concrètement, cela signifie que les demandeurs d’asile éligibles seraient transférés de Chypre vers des États partenaires volontaires, ce qui allégerait la surcharge du centre d’accueil de Pournara et réduirait les délais d’attente pour les décisions de statut. Ioannides a insisté sur le fait que sans un partage rapide et prévisible des charges, « les règles sur le papier resteront lettre morte ».
Parallèlement, Nicosie souhaite ouvrir des voies légales pour les travailleurs qui arrivent actuellement de manière irrégulière et déposent des demandes d’asile infondées. Des accords de mobilité professionnelle avec l’Égypte (signés en 2024) et un accord presque finalisé avec l’Inde visent à orienter les migrants potentiels vers des secteurs où les employeurs chypriotes font face à de graves pénuries. Les entreprises pourraient ainsi accéder à du personnel sélectionné, sous permis temporaires, tandis que les autorités pourraient réaffecter leurs ressources, libérées du traitement des demandes manifestement infondées.
Le vice-ministre a reconnu les risques évidents: une application insuffisante pourrait exposer les travailleurs étrangers à l’exploitation et faire baisser les salaires locaux; une intégration incomplète pourrait alimenter les tensions sociales. Pour limiter ces dangers, Chypre a adopté en février 2026 sa première Stratégie nationale d’intégration et promet un renforcement des contrôles sur les lieux de travail.
Les retours resteront également essentiels — plus de 75 % sont actuellement volontaires — mais Ioannides a souligné que les expulsions « ne peuvent pas être le seul outil ».
Pour les multinationales et les gestionnaires de mobilité, le message est double. À court terme, les contraintes de capacité du système d’asile chypriote pourraient s’alléger si les réinstallations se concrétisent, réduisant les retards qui affectent le personnel sous visas humanitaires ou de dépendants. À moyen terme, les corridors bilatéraux de permis de travail pourraient élargir le vivier de talents — notamment dans la construction, l’hôtellerie et l’agroalimentaire — mais les équipes RH devront suivre l’évolution des règles de conformité et des obligations d’intégration.
En définitive, l’impact du pacte dépendra de la capacité des partenaires de l’UE à transformer leurs engagements de solidarité en vols charters au départ de Larnaca.
Source : KNEWS – Kathimerini Cyprus
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