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La proposition d’« adhésion associée » de l’UE pourrait ouvrir la voie à la libre circulation entre le Canada et l’UE

sept. 19, 2026
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La proposition d’« adhésion associée » de l’UE pourrait ouvrir la voie à la libre circulation entre le Canada et l’UE
Un coup diplomatique retentissant a eu lieu cette semaine lorsque la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a invité le Canada à devenir le tout premier « membre associé » de l’Union européenne. Lors d’un discours au Parlement européen le 17 septembre, le Premier ministre Mark Carney a salué cette proposition et, le lendemain à Ottawa, a annoncé aux députés qu’une « alliance économique globale » avec l’Europe était désormais en cours.

Bien qu’aucun texte juridique n’ait encore été rédigé, des responsables à Bruxelles confirment que l’article 217 des traités de l’UE — qui permet au bloc de conclure des accords d’association globaux — pourrait servir de modèle. Le statut d’associé se situerait entre l’actuel accord de libre-échange UE-Canada (CETA) et une adhésion pleine et entière, offrant potentiellement au Canada un accès préférentiel au marché unique en échange d’une harmonisation partielle des réglementations.

Point crucial pour les multinationales, Ursula von der Leyen et Mark Carney ont tous deux mis en avant la mobilité des travailleurs. À Strasbourg, Carney a déclaré que cette alliance devrait permettre « à nos jeunes de vivre, travailler et étudier où ils le souhaitent, de part et d’autre de l’Atlantique », une formule qui a immédiatement suscité des spéculations sur des vacances-travail sans visa et des transferts professionnels simplifiés. Pour les employeurs canadiens, cela pourrait être une révolution. L’Europe est la deuxième source de détachements intra-entreprise pour le Canada, après les États-Unis, mais aujourd’hui, les travailleurs doivent encore obtenir des permis de travail ou des exemptions basées sur le CETA, qui peuvent prendre plusieurs semaines.

La proposition d’« adhésion associée » de l’UE pourrait ouvrir la voie à la libre circulation entre le Canada et l’UE


Si un futur accord s’inspirait des règles de l’UE avec la Norvège ou l’Islande, les cadres pourraient se déplacer avec peu plus qu’un passeport et une preuve d’emploi. Les start-ups canadiennes souhaitant s’implanter en Europe bénéficieraient également d’un accès simplifié à un marché de 450 millions de personnes, tandis que les entreprises européennes pourraient faire circuler leur personnel au Canada sans les lourdeurs administratives des évaluations d’impact sur le marché du travail.

Des obstacles subsistent toutefois. Bruxelles insiste sur le fait que les quatre libertés de circulation sont « indivisibles », ce qui signifie que le Canada pourrait devoir accepter des réglementations européennes sur les biens et services qu’il n’applique pas actuellement. Les avocats spécialisés en immigration avertissent également qu’un chapitre sur la mobilité devrait être intégré dans la réglementation canadienne en matière d’immigration — le Parlement devrait modifier la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés pour créer de nouvelles exemptions ou catégories réciproques de permis de travail.

Néanmoins, les entreprises font déjà pression sur Ottawa pour que tout accord inclue la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et une coordination fiscale afin d’éviter les doubles cotisations sociales.

En pratique, rien ne changera du jour au lendemain. Les négociateurs travaillent en vue d’un sommet UE-Canada en octobre à Montréal pour esquisser une feuille de route, et les responsables estiment qu’un accord final pourrait prendre « deux à trois ans ». Mais les entreprises qui dépendent des flux de talents transatlantiques devraient dès maintenant envisager différents scénarios: qu’il s’agisse d’une véritable zone de libre circulation ou d’un dispositif renforcé de mobilité pour les jeunes, le coût et les contraintes liés au déplacement du personnel entre le Canada et l’UE sont appelés à évoluer profondément au cours de cette décennie.
Source : Euronews / Associated Press

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