
La Haute Cour du Kerala a réaffirmé le principe selon lequel le droit souverain de contrôler les frontières de l’Inde prime sur les circonstances personnelles, y compris les liens du mariage. Dans un jugement rendu le 1er octobre 2026, le juge Bechu Kurian Thomas a rejeté la requête en référé d’Unaiz Kadumbottil, résident de Wayanad, et de son épouse pakistanaise, qui demandaient à la Cour d’ordonner au gouvernement central de lui délivrer un visa touristique de courte durée afin qu’elle puisse assister à un mariage familial en Inde. Le couple soutenait que les articles 14 (égalité) et 21 (droit à la vie) de la Constitution donnaient à l’épouse le droit d’entrer dans le pays, puisqu’elle faisait désormais partie d’une famille indienne. Le gouvernement central a toutefois rappelé son décret d’avril 2025 suspendant presque tous les services de visa pour les ressortissants pakistanais, suite à l’attaque terroriste de Pahalgam. En s’appuyant sur l’article 3 de la loi sur les étrangers de 1946, qui permet à l’exécutif de réguler ou d’interdire l’entrée, le gouvernement a affirmé que le mariage ne conférait aucun « droit acquis » à un étranger pour entrer en Inde. La Cour a donné raison, soulignant que les droits constitutionnels ne peuvent être invoqués que par des personnes déjà présentes sur le territoire indien; un ressortissant étranger à l’étranger doit se conformer au régime de visas en vigueur. Pour les responsables de la mobilité internationale, cette décision est un avertissement: les relations conjugales ou de partenariat ne prévalent pas sur les restrictions géopolitiques, et les employés ayant des personnes à charge pakistanaises ne peuvent pas supposer que les visas de regroupement familial ou de dépendants seront délivrés tant que la suspension de 2025 est en vigueur. Les entreprises prévoyant des missions de courte durée en Inde pour des collaborateurs ayant des membres de famille pakistanais devraient envisager des rencontres dans un pays tiers ou des solutions de télétravail jusqu’à ce que la politique évolue. En pratique, ce jugement souligne aussi la nécessité de suivre de près les évolutions des politiques motivées par la sécurité. Les suspensions de visas annoncées en urgence peuvent rester en vigueur pendant des années, et les tribunaux sont peu enclins à intervenir sauf en cas de décision manifestement arbitraire. Les programmes de mobilité doivent donc maintenir des outils de suivi en temps réel des risques pays et informer les collaborateurs des limites des recours judiciaires lorsque des enjeux de sécurité nationale sont en jeu.
Source : Hindustan Times
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